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Sénégal: la Maison des esclaves de Gorée, mémoire vivante des Africains victimes de la traite négrière

RFI ·
Sénégal: la Maison des esclaves de Gorée, mémoire vivante des Africains victimes de la traite négrière

Alors que la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est célébrée ce dimanche 23 août, l'île de Gorée, dans la baie de Dakar, au Sénégal, est devenue le symbole mondial de l'esclavage transatlantique. Lieu de recueillement et de transmission, la Maison des esclaves y perpétue la mémoire des Noirs qui ont été déportés vers les Amériques.

« Je mets les pieds là où mes ancêtres sont passés. Ça fait très mal ! » Belge d'origine congolaise, Euphrasie regarde l'océan à travers la Porte du voyage sans retour par laquelle des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants originaires d' Afrique ont été embarqués de force pour plusieurs semaines de traversée de l'Atlantique à destination des Amériques. Des hommes, des femmes et des enfants dont les souffrances se racontent chaque jour à la Maison des esclaves de Gorée, un bâtiment construit par les Français à la fin du 18e siècle, sur cette île située à seulement quelques kilomètres de Dakar, la capitale du Sénégal .

« Pour ceux qui refusaient d'obéir, la punition consistait en un enfermement dans une petite cellule comme celle que vous voyez là , explique l'un des guides du site aux touristes de passage. Les marchands d'esclaves ne considéraient pas ces captifs comme des êtres humains . »

Ces anciennes cellules incrustées dans la roche, Even, un jeune Français originaire du Congo Brazzaville, ne les quitte pas des yeux. « Je suis en train de me dire que tout ce que ma maîtresse et mes parents m'ont appris est vrai, et que la réalité est même bien pire que ce qu'ils m'ont raconté.. . », confie-t-il.

À ses côtés, sa grand mère pense, elle, qu'il fallait vivre cette expérience mémorielle en famille et entendre ce récit en Afrique. « Le meilleur moyen de se souvenir, c'est de faire comme Saint Thomas... Atrement dit, c'est de voir, de palper, explique-t-elle. Et maintenant que je l'ai touchée du doigt, je m'aperçois que je n'avais pas la même perception de cette histoire quand je l'ai apprise à l'école », ajoute-t-elle.

Ressentir pour se souvenir : telle est précisément la mission de la Maison des esclaves qui accueille chaque année des milliers de visiteurs.

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