Interview. Placements d'enfants à l'ASE : « La moitié pourrait être évitée », alertent un avocat et une députée
La députée socialiste du Val-de-Marne Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance, et M e Franz Achache, avocat spécialisé en droit des familles, ont accepté de débattre ensemble pour les journaux du groupe EBRA afin de tenter de mieux comprendre pourquoi la France fait partie des pays où l’on place le plus les enfants à l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
En France, 392 600 mineurs et jeunes majeurs bénéficient d’une mesure de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), selon les derniers chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) datant de fin 2024. Parmi eux, 225 000 sont placés hors du domicile familial (environ 60 %) et 180 000 bénéficient d’une action éducative au sein de leur foyer (40 %). La moitié des placements serait abusif, selon M e Franz Achache, avocat spécialisé en droit des familles, soit 100 000 d’entre eux.
La commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance avait formulé des propositions en avril 2025 pour lutter contre ce phénomène, mais elles n’ont pas été reprises dans le projet de loi sur la protection de l’enfance, porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin et la ministre de la Santé Stéphanie Rist , qui a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 21 juillet dernier. Chose que regrette la députée socialiste du Val-de-Marne Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête.
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