Russie : une Douma toujours plus guerrière, et toujours plus servile ?
Rien de neuf à l’issue des élections législatives russes qui se sont achevées dimanche ? Le succès largement anticipé de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, n’est pas le seul enseignement de ce scrutin. C’est aussi une Douma toujours plus guerrière qui se dessine, alors que le spectre d’une mobilisation militaire renforcée plane.
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Une Douma toujours plus poutinienne acquise à Vladimir Poutine . Les premières élections législatives russes depuis le début de la guerre de grande ampleur contre l’Ukraine voient une nette progression du parti Russie unie , inféodé au Kremlin, à l’issue du décompte de la quasi-totalité des votes, lundi 21 septembre.
Russie unie obtient 57,83 % des voix, ce qui devrait lui offrir une majorité sans précédent de 355 sièges sur les 450 disponibles au parlement russe. Le mouvement présidé par l’ex-Président russe Dmitri Medvedev devance largement le Parti communiste et le Parti libéral-démocrate de Russie, classé à l'extrême droite.
Un "succès" sans grande surprise, tant le résultat semblait joué d’avance dans cette élection dont l’intégrité est souvent remise en cause .
Le rapport de force au sein de la prochaine Douma ne diffère pas fondamentalement de celui établi lors des législatives de 2021. Russie unie domine, tandis que le rôle d’opposition acceptable par le Kremlin est dévolu principalement aux communistes et nationalistes. Ce sont les deux plus importants partis systémiques, c’est-à-dire qui acceptent de voter les lois voulues par le Kremlin , tout en fournissant un alibi démocratique au pouvoir.
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Cette continuité n’empêche pas quelques changements de dynamique. D'abord, le champ des opinions tolérées de la part des députés d'opposition s'est encore restreint. "En 2021, le Parti communiste avait servi de catalyseur pour le vote contestataire, qui avait donc pu s’exprimer. Cette fois-ci, il n’y avait absolument aucune opportunité de voter pour un parti émettant le moindre grief contre la guerre et ses conséquences, lesquelles représentent les principales préoccupations de la population russe", souligne Jussi Lassila, spécialiste de la Russie à l’Institut finlandais des Affaires internationales.
"La chasse aux candidats considérés comme dangereux pour le pouvoir ne s’est pas faite individuellement comme en 2021, mais la censure a visé le parti libéral et anti-guerre Iabloko dans son ensemble", poursuit cet expert. Résultat : la Douma est moins représentative que jamais du sentiment populaire. "C’était déjà une chambre d’enregistrement des volontés de Vladimir Poutine, c’est dorénavant une chambre de super-enregistrement", résume Jussi Lassila.
Ce n’est pas la seule évolution. "C’est la première fois que 11 députés viennent de régions qui ne sont pas reconnues internationalement comme appartenant à la Russie", souligne Derek S.
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