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Monde

Crue au Népal et au Tibet: l’instrumentalisation de la catastrophe sur les réseaux sociaux

RFI ·
Crue au Népal et au Tibet: l’instrumentalisation de la catastrophe sur les réseaux sociaux

Villages engloutis, civils emportés par les eaux : les images terribles de la crue mortelle qui a ravagé la frontière entre le Népal et le Tibet, mercredi 26 août, ont fait le tour du monde. Le dernier bilan fait état d’au moins 552 morts et de centaines de disparus. Sur les réseaux sociaux, certains instrumentalisent d’ores et déjà la catastrophe à coups de vidéos générées par intelligence artificielle.

Prêts à tout pour générer de l’audience et gagner de l’argent, certains comptes n’ont pas hésité à diffuser de fausses informations quelques heures seulement après la catastrophe. Cumulant plusieurs millions de vues, certaines vidéos mensongères, générées par intelligence artificielle, se sont ainsi retrouvées sur le devant de la scène.

L’un des exemples les plus marquants, c’est ce clip de dix secondes censé montrer une habitation et ses habitants, engloutis par la vague de boue. Plusieurs personnes assistent à la scène, smartphones à la main.

En réalité, cette vidéo, vue près de 10 millions de fois, a été entièrement générée par intelligence artificielle. Plusieurs incohérences visuelles le prouvent, comme cette façade rouge qui semble indestructible malgré la chute du bâtiment. Les détecteurs d’IA que nous avons utilisés le confirment.

Les vidéos artificielles autour de cette catastrophe se comptent ainsi par dizaines ces dernières heures sur les réseaux sociaux. Certaines prétendent montrer un village rasé par un glissement de terrain.

D’autres prétendent illustrer, à tort, la mort de dizaines d’automobilistes coincés sur un pont quelque part dans une vallée.

Visuellement très crédibles, ces clips synthétiques sont parfois difficiles à identifier à l'œil nu. Leur durée, souvent comprise entre 10 et 20 secondes, est l’un des premiers éléments de vérification. Ces fausses informations cumulent des millions de vues et éclipsent les vraies images documentant la catastrophe.

Les comptes à l’origine de ces infox n’ont qu’un objectif en tête : gagner en visibilité et monétiser leur audience. Chaque catastrophe naturelle de ce type représente donc une opportunité de faire du clic. Leurs vidéos jouent sur les émotions du public. La peur et la tristesse sont d’importants leviers de manipulation, poussant à partager un contenu sans s’interroger sur la véracité de ces images.

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