ENQUÊTE. Après des milliers de kilomètres, les cigarettes de contrebande finissent sous le comptoir d’épiceries à Nantes
Environ 54,2 % des cigarettes achetées à Nantes ne sont pas vendues par un buraliste.
Il s’agit d’un trafic juteux tenu par le crime organisé qui fait venir les cigarettes contrefaites de l’étranger.
À Nantes, il est extrêmement facile de se procurer ce tabac douteux dans des épiceries de nuit. Nous avons testé.
Il est 23 h passées dans une épicerie du centre de Nantes. Le vendeur nous jauge un instant, de la tête aux pieds, avant de glisser une main sous le comptoir. Le paquet qui en ressort ressemble à un Marlboro Red. Mais l’œil expert de Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite de Philip Morris (multinationale des produits du tabac), à qui nous avons transmis la marchandise, repère immédiatement la fraude : Il y a déjà une faute d’orthographe, une typographie plus épaisse et l’absence de la vignette de sécurité.
Le prix : 10 € par carte bancaire, 6 € en cash , demande le commerçant. C’est 13,50 € chez un débitant de tabac. Nous venions de tester six autres boutiques de ce type. Deux avaient déjà accepté de vendre un paquet de clopes. Sans grande hésitation. Ce geste, illégal (1) , est le bout d’une chaîne longue de plusieurs milliers de kilomètres , confie un enquêteur spécialisé.
Les chiffres, fournis par le géant du tabac, donnent la mesure du problème. Et racontent l’ampleur du trafic. Dans les...
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