De Jean-Luc Mélenchon à David Lisnard, la facturation électronique obligatoire dans le viseur des candidats à la présidentielle
Critiquée à gauche comme à droite, la facturation électronique obligatoire est loin de faire l'unanimité à quelques jours de son entrée en fonctionnement le 1er septembre. Le gouvernement a toutefois maintenu le calendrier prévu et promet de la souplesse. À moins de deux semaines de sa mise en route le 1er septembre, la facturation électronique obligatoire des entreprises —un gros chantier censé leur simplifier la vie et permettre au fisc de mieux détecter les fraudes— est copieusement critiquée par plusieurs candidats à l'élection présidentielle. Ce dimanche 23 août, Jean-Luc Mélenchon a lui aussi fait part de son opposition.
"Mettez-vous à la place du petit artisan, du petit commerçant, du petit paysan qui tout à coup doit répondre à cette obligation et se dit: 'Mais comment vais-je faire pour ne pas me tromper?' Eh bien on lui dit: 'C'est très simple, il y a des sociétés pour ça, vous n'avez qu'à vous le payer'. Non! Nous voulons qu'il y ait un service public", a-t-il lancé lors de l'université d'été de son mouvement .
Ces derniers mois, plusieurs députés insoumis avaient déjà interpellé le gouvernement sur le sujet, y voyant un cas de "sur-réglementation" et dénonçant "le recours à des plateformes de dématérialisation partenaire privées".
Concrètement, à compter du 1er septembre, toute entreprise devra recevoir ses factures via une des 138 (à ce jour) plateformes électroniques agréées par l'État, et les plus grosses devront aussi les émettre ainsi. Ce sera ensuite le cas pour toutes les entreprises au 1er septembre 2027. Le principe de cette facturation avait été décidé par le Parlement en 2019.
Cette réforme est également décriée à l'autre bout du spectre politique, avec un argumentaire différent. Sur son compte X, le maire de Cannes David Lisnard, candidat à la présidentielle sur une ligne libérale , a réclamé de "suspendre en urgence l'obligation de la facturation électronique", craignant notamment un risque pour la sécurité des données concernées après les piratages ayant touché l'administration fiscale . "Aucun système aujourd'hui en place n'a démontré le niveau de sécurité qu'exigent des données aussi sensibles", estime le fondateur du parti Nouvelle Énergie.
Le maire de Nice Éric Ciotti (UDR) ou la députée européenne Sarah Knafo (Reconquête) ont formulé la même demande au Premier ministre ces derniers jours.
La Direction générale des Finances publiques (Dgfip) tente de rassurer. Le vol de données sur le site du fisc fin juin n'a "aucun lien" avec l'entrée en vigueur de la facturation électronique entre entreprises au 1er septembre, a affirmé sa directrice mi-août.
Il n'y a ainsi, selon elle, aucune relation "entre l'accès (par lequel) le hacker a procédé et les circuits qui sont en place pour la facturation électronique".
Le calendrier est maintenu, a assuré récemment le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel.
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