El Niño provoque une "sécheresse exceptionnelle" aux Antilles: les agriculteurs alertent sur une "situation catastrophique"
Traditionnellement synonyme de pluies abondantes, la saison des cyclones est historiquement sèche en Martinique et à la Guadeloupe. La filière agricole déplore une hausse de la mortalité des bêtes de 25% et craint de très graves répercussions pour la canne à sucre. Les Antilles n'ont reçu que la moitié des quantités normales de précipitations en juin et en juillet, entraînant le passage de la Martinique en alerte sécheresse et plongeant les agriculteurs dans une "situation catastrophique". Alors que la saison cyclonique entamée en juin s'accompagne habituellement de pluies abondantes, la Martinique subit une sécheresse prolongée, causée par le phénomène El Niño , affectant l'archipel des Caraïbes et son agriculture, notamment l'élevage.
Ainsi, après avoir connu son "deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991", la Guadeloupe a connu un mois de juillet non seulement "exceptionnellement sec ", mais aussi "le plus chaud" depuis 1995, selon Météo-France. Malgré quelques journées modérément pluvieuses mi-août, la situation est encore loin de revenir à la normale. La Martinique "connaît depuis le mois de juin une sécheresse exceptionnelle pour la saison" et "une situation hydrologique sous grande tension", a alerté la préfecture de cette collectivité ultramarine le 18 août.
Les agriculteurs "figurent parmi les professionnels les plus en difficulté", subissant une "baisse des rendements et (des) pertes de récolte" pour les cultivateurs et une "hausse du coût de l'alimentation et (une) raréfaction du fourrage" pour les éleveurs, déplorent les services de l'État, qui ont replacé l'île en alerte sécheresse le 17 juillet, comme ils l'avaient déjà fait en mai.
Une rencontre est prévue le 25 août entre le préfet de la Martinique, Étienne Desplanques, et les représentants des filières agricoles pour un "nouveau point de situation". Les doléances de ces derniers sont nombreuses. "D'une façon globale, on est dans une situation assez catastrophique", juge José Maurice, président de la chambre d'agriculture de la Martinique. Les effets du manque d'eau pénalisent "l'ensemble" de la profession, ajoute ce patron d'une exploitation maraîchère et d'élevage dans le centre de l'île.
Les élevages bovins ont déjà payé un lourd tribut. La filière a constaté "plus de 25% de mortalité en plus" par rapport à 2025 car les animaux "meurent de faim" sur des pâturages où l'herbe ne pousse plus, s'émeut André Prosper, président de la Coopérative des éleveurs bovins de la Martinique (Codem). "Plus de mille" têtes de bétail sont "en grande difficulté" sur les 6.000 bovins dans les exploitations affiliées à la Codem, s'inquiète José Maurice.
"Climateflation": pourquoi le phénomène El Niño risque-t-il de faire flamber les prix alimentaires mondiaux? 2:53 Les champs de canne à sucre offrent également un spectacle de désolation: depuis la fin de la récolte en juin, les cultivateurs n'ont pas pu replanter leurs parcelles.
La filière accuse un "retard considérable" en prévision de la prochaine saison, ajoute M.
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