Quand la Silicon Valley veut remplacer l'université par ses propres écoles
Et si l'université de demain ressemblait à une master class permanente animée par les milliardaires de la Silicon Valley ? C'est le pari de Marc Andreessen, qui lance sa propre école pour 2027
Marc Andreessen, un homme qui dirige l’un des fonds d’investissement les plus puissants de la Silicon Valley s’apprête à lancer avec Ben Horowits, leur propre école pour concurrencer une université jugée trop déconnectée des réalités. Cette école s’appellera en toute modestie la HAA, la Horowitz Andreessen Acadamy, une formation sur trois ans pour séduire les jeunes ambitieux qui souhaitent changer le monde.
Dans cette académie, la priorité sera donné au partage d’expérience, les grands acteurs de la tech seront invités pour donner des master classe, le patron de puces Nvidia Jensen Huang a déjà donné son accord et ce n’est que le premier d’une longue liste. Cela ne vas pas être trop difficile pour Marc Andreessen de les recruter, il connait tous le gratin depuis une trentaine d’années.
Alors qu’il s’attaque au système universitaire américain, il en a pourtant bénéficié, Andreessen est allé à l’université de l’Illinois et il faisait parti du groupe d’étudiants qui a développé le navigateur web Mosaic, plus tard, il participera à la fondation de Netscape. Il a gagné beaucoup d’argent avant de gérer celui des autres. Son fond a soutenu Twitter, Airbnb ou encore Conbase.
Oui surtout lorsqu’on s’apprête à fonder une école, il est important de connaitre les valeurs qui irriguent sa pensée, il a publié en 2023, un manifeste qui a fait sensation, The Techno-Optimist Manifesto, un brulot techno solutioniste, dont je vais vous lire quelques passages éloquents : La technologie est la gloire de l'ambition et de la réussite humaines, il n'existe que trois sources de croissance : la croissance démographique, l'utilisation des ressources naturelles et la technologie ce n’est pas Andreessen qui va nous parler des ressources exsangues de notre planète ou de l’impact carbone des data center.
Non pour lui la technologie est la réponse à tous les problèmes et son argumentaire est sans nuance : « Nous avions un problème d'obscurité, alors nous avons inventé l'éclairage électrique. Nous avions un problème de froid, alors nous avons inventé le chauffage intérieur. Nous avions un problème d'isolement, alors nous avons inventé Internet ».
Cette vision techno enthousiaste porte un nom : l’accélerationisme. Voilà pourquoi il a rapidement lâché le camp démocrate pour rejoindre Donald Trump, il a été l’un de ses conseiller pour sa deuxième campagne, son but limiter toutes restrictions au développement technologique, pour lui le risque c’est de freiner un progrès qui ne peut qu’éclairer, voir sauver l’humanité.
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