"L'Eléphant" : Patrick Modiano, le Mylène Farmer de la littérature
On ne pensait pas que les romans de Modiano deviendraient un jour encore plus minces que ceux d’Annie Ernaux .
Long de quelques dizaines de pages, L’Eléphant laissera les fans sur leur faim.
Il y est question d’un grand échalas maladroit qui travaille comme correcteur pour une maison d’édition, Le Sablier, dont les bureaux se trouvent avenue de Suffren, à Paris.
Un jour, le patron offre des jumelles au héros, qui se met à observer ses voisins.
Que se passe-t-il après ? Rien.
Le livre s’achève avant qu’on ait le temps de s’apercevoir qu’il avait commencé.
Ce n’est pas la première fois que Modiano nous déçoit.
Souvenirs dormants (2017), Encre sympathique (2019) et La Danseuse (2023) étaient déjà très faibles – quant à Chevreuse , paru en 2021, ce n’était qu’une resucée paresseuse de Remise de peine , qui date de 1988.
Quand on prend un peu de recul, on s’aperçoit que ça fait une éternité que l’auteur de Du plus loin de l’oubli a perdu sa magie.
Pour en avoir parlé des heures depuis des années avec ses plus fidèles lecteurs, on peut avancer que l’âge d’or de l’écrivain se situe entre 1975 ( Villa Triste ) et 1997 ( Dora Bruder ).
Pendant ces deux décennies miraculeuses, il a aligné les merveilles, des aquarelles oniriques parfois poignantes, dont Rue des Boutiques Obscures , prix Goncourt en 1978.
Après 1997, on ne peut guère garder qu’ Un pedigree (2005) et L’Herbe des nuits (2012), où il retrouvait tout son talent d’envoûtement.
Le reste laisse à désirer.
On ne reprochera pas à Modiano de se répéter (on parle d’un obsessionnel qui a réussi à appeler des livres Quartier perdu , Dans le café de la jeunesse perdue et Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier ), mais de se répéter… en beaucoup moins bien.
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