« Faisons des gestes qui sauvent un réflexe collectif »
La Journée mondiale des premiers secours, célébrée le 12 septembre, est chaque année l’occasion de rappeler l’importance de gestes simples mais essentiels pour sauver des vies. Elle doit aussi nous conduire à regarder une réalité en face : l’arrêt cardiaque est devenu la première cause de mortalité au travail en France.
En 2024, parmi les 760 décès accidentels du travail reconnus par l’Assurance maladie, 60 % étaient dus à des malaises mortels , soit environ 450 ouvriers, conducteurs, cadres, ou encore chefs d’entreprise, dont l’âge médian était de 51 ans, décédés brutalement sur leur lieu de travail.
Face à un arrêt cardiaque, chaque seconde compte. Pourtant, nous sommes encore trop peu nombreux à savoir le reconnaître et comment agir avant l’arrivée des secours. Il est donc urgent de faire des « gestes qui sauvent » un réflexe collectif : un savoir fondamental, accessible à tous, que chacun puisse mobiliser immédiatement lorsqu’une vie est en jeu.
En France, seuls 20 % des citoyens sont formés aux gestes de premiers secours. Ce chiffre devrait nous interpeller. Ailleurs, notamment dans les pays nordiques, la formation de la population est considérée comme une véritable priorité de santé publique.
En Norvège, près de 8 personnes sur 10 victimes d’un arrêt cardiaque bénéficient d’une réanimation cardio-respiratoire avant l’arrivée des secours. Le taux de survie y atteint aujourd’hui 30 %, contre seulement 8 % en France, près de quatre fois moins, alors que notre système de santé compte pourtant parmi les mieux classés au monde.
Ce contraste ne s’explique évidemment pas par le seul niveau de formation. Mais il montre ce qu’une culture largement partagée des premiers secours peut rendre possible.
La France dispose pourtant des compétences, des associations et des organismes capables de former la population. Chaque année, professionnels et bénévoles transmettent les bons gestes à quelques centaines de milliers de personnes.
Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est un changement de dimension : une diffusion beaucoup plus massive des « gestes qui sauvent », soutenue par une véritable campagne nationale et portée par tous les échelons de la société.
L’apprentissage doit commencer à l’école, où il reste encore très insuffisant. Mais il ne peut pas s’arrêter là. Le secourisme doit être pensé comme une compétence qui s’acquiert, s’entretient et se renouvelle tout au long de la vie.
C’est précisément sur ce terrain que le monde professionnel peut jouer un rôle majeur. Les entreprises rassemblent des millions d’adultes et sont déjà des acteurs majeurs de la formation professionnelle, de la prévention et de la transmission des compétences.
Beaucoup travaillent d’ailleurs avec des organismes de formation aux premiers secours, notamment à travers le dispositif de sauveteur secouriste du travail. Mais celui-ci reste, dans la majorité des cas, concentré sur un nombre limité de référents par site.
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