Rachida Dati, Christian Estrosi, Jean-Michel Aulas, Martine Vassal: que deviennent les grands déçus des municipales, six mois après l'élection?
Les dernières élections municipales ont eu l'effet d'un coup de balai pour certaines des figures politiques les plus identifiées du pays. Les uns se mobilisent pour continuer à jouer un rôle, les autres tentent de digérer la défaite et veulent tourner la page. Le visage crispé de Rachida Dati, les sanglots dans la voix de Christian Estrosi, la colère de Jean-Michel Aulas, l'émotion de Martine Vassal. Il y a six mois jour pour jour, le second tour des municipales tournait court pour plusieurs visages connus des Français. Depuis, que sont-ils devenus?
"Toutes ces histoires rappellent qu'on joue toujours gros quand on se lance dans une campagne et que la défaite est encore plus cruelle quand vous n'avez plus de cumul des mandats. Vous vous retrouvez sans rien politiquement", observe une figure du Sénat auprès de BFM.
Le cas de Christian Estrosi (Horizons) en est l'une des illustrations. Sévèrement battu par son ancien lieutenant Éric Ciotti , le désormais ex-maire de Nice, qui a dû s'incliner à l'issue d'une campagne prenant parfois des airs de mauvaise série télévisée , n'a plus aucune fonction politique niçoise, conformément à sa volonté.
"Le mandat de maire de Nice était la clé de voûte de mon engagement politique. Après la transition républicaine, je n’exercerai plus mes mandats municipaux et métropolitains", a-t-il ainsi annoncé le soir même de sa défaite, manifestement sonné par son 20,41%, très loin derrière son ancien protégé et ses 26,63%.
Depuis, il se faisait plutôt rare. Pour tourner la page, Christian Estrosi a même fait l'ascension du Kilimandjaro en Tanzanie cet été, en compagnie de son épouse. Et puis finalement, le virus de la politique est revenu.
Tout sourire, le sexagénaire a fait son retour dans les rues de Nice début septembre direction l'internat du lycée Masséna, entièrement réhabilité par la Région. En dépit de sa promesse de "songer à d'autres défis" et de "prendre le recul nécessaire" lancée le soir du second tour, il reste toujours président délégué de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Ce premier déplacement depuis des mois lui a aussi permis de tancer Éric Ciotti et sa proposition de faire hisser le drapeau français chaque jour aux écoliers de sa ville sur BFM Nice Côte d'Azur . Une critique suivie de près par toutes celles du monde politique niçois.
Bref, il n'en fallait pas plus pour que certains s'imaginent que Christian Estrosi lorgne sur la succession du président de région, Renaud Muselier. Ce dernier a en effet toutes les chances de devenir sénateur à l'automne. Il va donc falloir lui trouver un remplaçant jusqu'au nouveau scrutin en 2028 puis un volontaire pour représenter le camp macroniste.
Dans une région qui pourrait bien basculer aux mains du Rassemblement national, "ce n'est pas sûr qu'on ait beaucoup de volontaires pour aller au casse-pipe", observe une élue LR niçoise.
À 200 kilomètres de là, à Marseille, Martine Vassal a vécu un épisode tout aussi difficile en mars dernier.
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