« Si c’est une fille, on l’appellera Céline » : Hugues Aufray raconte comment sa chanson a donné la vie à Céline Dion
Vendredi soir, tout en haut de la Plenitude Arena (ex-Defense Arena), un homme de 97 ans cherche des yeux une silhouette minuscule. Celle de Céline Dion. « De là où j’étais, j’avais du mal à la voir sur scène », raconte Hugues Aufray, chanteur français à la plus longue longévité, qui a suivi une bonne partie du spectacle sur les écrans géants. Personne, dans la salle, ne sait ce qui le relie à la femme qui chante.
Charlemagne, banlieue nord-est de Montréal, 1967. Thérèse Dion a 40 ans, treize enfants et un mari boucher. La famille est pauvre. Quand elle apprend qu’elle est enceinte une quatorzième fois, elle prend seule sa décision et l’annonce à son époux Adhémar. « On n’est pas assez riches, on ne peut pas accueillir un quatorzième », rapporte Hugues Aufray, qui tient le récit de la mère elle-même. « Elle était très croyante, très pratiquante. Mais elle a décidé de ne pas garder cet enfant. »
Sur la route pour aller à l’hôpital, la radio de la voiture diffuse une chanson. Une ballade lente, à l’accent folklorique d’Europe centrale, où un frère interroge sa sœur restée célibataire. « Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n’as-tu jamais pensé à te marier… » Thérèse Dion en a les larmes aux yeux. Elle pense à cet enfant dans son ventre. « Elle était tellement bouleversée qu’elle a dit à son mari : on rentre à la maison. Je garde l’enfant. Si...
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