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Actualité : Pour dépister la cataracte, un simple smartphone pourrait suffire

Les Numériques ·
Actualité : Pour dépister la cataracte, un simple smartphone pourrait suffire

En 2026, la cataracte demeure la principale cause de cécité dans le monde, touchant près de 100 millions de personnes. Le Dr Prabhu Krishna Ravilla, médecin à l’Aravind Eye Hospital de Madurai (Inde), a pris la parole lors du 44e Congrès de la Société européenne des chirurgiens de la cataracte et de la chirurgie réfractive (ESCRS), ce dimanche 13 septembre. Il y a présenté les résultats d'une étude très prometteuse pour endiguer ce fléau, notamment dans les zones du globe où les ophtalmologues manquent cruellement.

Le médecin et ses collègues ont mis au point un système accessible afin de faire mieux que les “camps de la vue”, des cliniques temporaires de dépistage coûteuses et complexes à mettre en place, qui ne touchent généralement qu'une part réduite de la population.

Le docteur précise d’ailleurs qu’ “une étude antérieure menée par l’hôpital ophtalmologique Aravind a révélé que les campagnes de dépistage ne permettaient d’examiner que 7 % des habitants des zones rurales ciblées. La fréquentation chute de 80 % chez les personnes résidant à plus de 3 km. Et parmi celles qui ne s’y sont pas rendues, un tiers avait besoin d’une opération de la cataracte. Les femmes, les personnes âgées et les communautés les plus pauvres sont les plus défavorisées. La pandémie de Covid-19 a aggravé la situation en entraînant l’arrêt des activités de proximité.”

Le système pour pallier ces difficultés est on ne peut plus simple. Basé sur un smartphone Android, il s'agit d'une pince à clipser sur le capteur photo dorsal. Une lentille grossissante, deux leds alimentées par le téléphone et un embout en silicone permettent d'obtenir une image claire et isolée de la lumière extérieure de l'œil sur lequel l'ensemble est posé. Le coût de la solution serait de moins de 175 €, smartphone compris.

Une app mobile, conçue notamment pour la télémédecine, accompagne le tout, tandis qu'une formation de 3 h suffit pour maîtriser l'appareil. Dans le cadre de l'étude, 1093 patients ont été dépistés et un protocole a été mis en place pour vérifier l'efficacité du dispositif. Les diagnostics des ophtalmologues présents sur place ont ainsi été comparés à ceux de confrères à distance, disposant des données récoltées par les smartphones.

Dans 96 % des cas, les médecins sont tombés d'accord sur la nécessité — ou non — d'envoyer un patient à l'hôpital pour des examens supplémentaires. Pour un diagnostic de cataracte pur, le taux de concordance s'est élevé à 89 %.

Cette solution ne remplace donc pas un examen clinique complet, mais prouve qu'il n'est pas forcément nécessaire qu'un spécialiste soit physiquement présent pour établir un premier diagnostic. Portable et peu coûteuse, cette technologie peut aider les professionnels de santé à dépister beaucoup plus de personnes en se déplaçant directement dans les zones isolées.

Pour le Dr.

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