La gauche en tête de justesse des élections législatives en Suède, mais le plus dur reste à faire
La cheffe des sociaux-démocrates en Suède , Magdalena Andersson s’est dite « prête » à gouverner le pays, à l’issue des élections législatives de ce dimanche 13 septembre qui n’ont pas donné de clair vainqueur, laissant présager de longues et difficiles tractations entre partis.
« Pour l’instant, nous sommes en tête. Et si cela se confirme, alors la Suède aura un nouveau gouvernement » , a lancé Magdalena Andersson à ses supporters réunis au milieu de la nuit à Stockholm.
L’avance qu’elle évoque est pourtant infime. Après prise en compte de près de 95 % des bureaux de vote, les résultats préliminaires créditent son bloc de 176 mandats contre 173 mandats pour l’alliance entre la droite et l’extrême droite, au pouvoir depuis 2022.
Le pays nordique vit une nuit électorale pleine de rebondissements - comme il en a l’habitude. Il y a d’abord eu les rugissements des sociaux démocrates, lors de la publication des premiers sondages de sorties des urnes.
Les médias suédois donnaient alors une nette avance à Magdalena Andersson, 59 ans, qui rêve d’un retour à la tête du gouvernement depuis qu’elle a quitté le pouvoir en 2022, ainsi qu’un net recul de l’extrême droite alliée de la coalition au pouvoir.
Mais l’écart a fondu comme neige au soleil tout au long de la soirée. Et son rival, l’actuel Premier ministre Ulf Kristersson semble bien décidé à s’accrocher. « La question de savoir quel gouvernement dirigera la Suède dans les années à venir reste ouverte » , a-t-il lancé à ses partisans lors de la soirée électorale de son parti.
La Suède va-t-elle donc assister au come-back de « Magda » , comme on la surnomme dans ce pays nordique ? Ou au maintien au pouvoir d’Ulf Kristersson, avec l’entrée de ministres d’extrême droite, malgré le recul de leur parti passé de 20 % à environ 17,5 % des voix - une première depuis 2010 ? C’est ce qu’il faudra déterminer au cours des prochaines semaines, une fois le décompte terminé.
Il existe à ce stade deux scénarios. Soit une alliance des partis de gauche, pas une mince affaire tant le bloc est morcelé. « Cela va prendre pas mal de temps, ils ne vont pas tomber d’accord tout de suite » , prédit Anders Sannerstedt, de l’Université de Lund à l’AFP. Ce bloc est composé de partis du centre à l’extrême gauche qui ont du mal à s’entendre.
« La situation s’annonce difficile » , concède Emilia Wikström Melin, une électrice suédoise depuis la soirée électorale sociale-démocrate. « Mais j’ai pleinement confiance en Magdalena : c’est une négociatrice chevronnée et elle a un plan pour que cela fonctionne » , assure la quadragénaire.
Les équipes de l’actuel Premier ministre conservateur, Ulf Kristersson, misent sur l’inverse. « Même s’ils gagnent, ils auront du mal à former un gouvernement » , veut croire Oliver Andersson, membre des Jeunes du Parti modéré, auprès de l’AFP.
Ulf Kristersson, 62 ans, multiplie, lui, les appels du pied au parti centriste, actuel membre de l’opposition de gauche.
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