« Pas touche au Kennedy Center » : à Washington, une chaîne humaine face aux assauts de Trump
« Ça me rend malade » , se désole vendredi 18 septembre 2026 Neal Racioppo, fidèle spectateur du Kennedy Center, à l’idée que ce haut lieu culturel de Washington risque de disparaître sous les assauts répétés de Donald Trump .
« J’y ai vu des pièces, des ballets, des films. J’y ai amené ma fille voir son premier film de Charlie Chaplin. Entendre une fillette de cinq ans rire à une blague qui a cent ans m’a tiré les larmes. Je chéris ce souvenir » , raconte à l’ Agence France Presse le quinquagénaire, qui travaille dans un théâtre de la capitale américaine.
Habitant de Washington depuis 25 ans, il est venu se joindre à la chaîne humaine qui s’est formée vendredi 18 septembre à la nuit tombante autour de l’imposant rectangle de marbre blanc, jusque sur son esplanade ouverte sur le fleuve Potomac. Tant bien que mal, beaucoup le long des barrières installées depuis la fermeture du Kennedy Center mercredi 16 septembre, d’autres assis sur les murets, certains sous l’échafaudage et les bâches restés en place depuis que la justice a ordonné le retrait du nom de Donald Trump de la façade en juin.
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La prestigieuse salle de spectacles reste porte close depuis mercredi, de manière « temporaire » selon ses responsables, et la justice doit encore se prononcer sur une fermeture de longue durée pour des travaux d’envergure, votée par son conseil d’administration et voulue par Donald Trump - qui continue de réclamer d’y faire figurer son nom.
« C’est un lieu important pour l’art, pour cette ville, ce pays, et le monde. Ce que fait le président Trump est méprisable et écœurant » , désapprouve Neal Racioppo. « Comme il ne peut pas inscrire son nom sur ce bâtiment si cher, il en prive le monde. C’est révoltant. »
Lizzy Andrew est, elle, montée sept fois sur les différentes scènes du Kennedy Center, dont une pour chanter avec l’Orchestre symphonique national (NSO).
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Que Donald Trump semble songer sérieusement à sa démolition - comme le suggèrent des photos de l’ AFP - la « met extrêmement en colère » . « Il n’a pas le droit de décider qu’une institution, un mémorial pour un ancien président, peut être démolie. C’est important qu’on se mobilise pour le dire » , déclare la jeune trentenaire.
Lela Agnew est venue défendre un centre culturel qui « appartient à tous les Américains et aux gens du monde entier » , « un mémorial pour un de nos présidents qui défendait les arts et la paix » et « un lieu particulier pour ma famille » , énumère-t-elle à l’ AFP.
« Je viens ici depuis près de cinquante ans. J’y ai littéralement grandi et j’y ai amené mes enfants jusqu’à la fermeture.
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