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"Je ne m'imaginais pas derrière les barreaux" : l'opposant russe Boris Nadejdine, ciblé par le pouvoir judiciaire, raconte sa fuite "bouleversante" jusqu'en France

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"Je ne m'imaginais pas derrière les barreaux" : l'opposant russe Boris Nadejdine, ciblé par le pouvoir judiciaire, raconte sa fuite "bouleversante" jusqu'en France

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Article rédigé par Fabien Magnenou France Télévisions Publié le 19/08/2026 12:12 Mis à jour le 19/08/2026 12:38 Temps de lecture : 8min L'ancien candidat à la présidentielle de 2024 briguait un siège de député aux législatives de septembre. Mais il s'est heurté à des poursuites judiciaires, également dirigées contre d'autres forces d'opposition. Franceinfo l'a rencontré en région parisienne, où il a posé ses valises.

Il y a peu, Boris Nadejdine rêvait encore du Kremlin. L'opposant russe arpente désormais les rues d'une banlieue pavillonnaire de la région parisienne, sur une place rouge de fleurs. Le sexagénaire est exilé en France depuis le 3 août, après la multiplication des poursuites judiciaires engagées contre lui en Russie. Il vit depuis une quinzaine de jours dans un hôtel, sans revenus et coupé d'une partie de ses proches. Boris Nadejdine a eu quelques heures pour boucler sa valise. Sa garde-robe est donc limitée à quelques shorts, un polo jaune et des Crocs.

Au début de l'été, Boris Nadejdine briguait encore un siège de député dans la circonscription de Dolgoproudny, en proche banlieue de Moscou. La collecte de signatures battait son plein, avec ses militants vêtus de tee-shirts "Votez pour la paix" , qui distribuaient des tracts pacifistes. Mais les nuages ont vite assombri son horizon électoral. Le sexagénaire est d'abord placé sur le registre des "agents de l'étranger", ce qui invalide sa candidature. Puis il est arrêté et entendu pour "diffusion de contenus extrémistes", des faits passibles de prison, et reçoit l'interdiction de quitter le territoire.

Jugé au tribunal de Dolgoproudny, dans la banlieue moscovite, Boris Nadejdine est victime d'un malaise en pleine audience, mi-juillet. Les secours ont dû patienter dans le couloir jusqu'au délibéré, avant d'obtenir l'autorisation de venir à sa rencontre, pour lui prendre le pouls. Le responsable s'en tire finalement avec une chute de tension et une amende d'un millier de roubles (11 euros). Une somme symbolique, mais un avertissement bien réel. Quatre jours plus tard, le redouté Comité d'enquête fédéral vient frapper à sa porte, avec une convocation fixée trois jours plus tard.

Pendant la nuit, en se connectant sur Gosuslugi, le portail des démarches administratives, il découvre que l'interdiction de quitter le territoire a été levée. Etonnant hasard. "Est-ce grâce à l'appel déposé par mes avocats ? Ou quelqu'un au Kremlin en a-t-il décidé ainsi ? Je n'en sais rien" , élude l'intéressé. Et d'ailleurs, peu importe. Boris Nadejdine dispose d'un ou deux jours, tout au plus, pour prendre la fuite. "C'était une décision bouleversante." Il consulte le site de la compagnie aérienne Aeroflot, pour trouver la voie de sortie la plus rapide avec des papiers russes et sans visa. Ce sera Astana, la capitale du Kazakhstan.

La suite ? Un crochet par la banque, en matinée, pour échanger des roubles contre des euros. Puis le départ à l'aéroport de Cheremetievo en compagnie de sa femme, en soirée, et le passage de la douane. Après le Kazakhstan, le couple rejoint Istanbul, puis enfin Paris.

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