Elle promet des pertes de poids de 30%: cette nouvelle molécule, surnommée le “King Kong” de l'anti-obésité, est déjà revendue en masse sur le marché noir par les influenceurs
Promettant jusqu’à près de 30% de perte de poids, le rétatrutide, développé par le laboratoire américain Eli Lilly, suscite déjà un engouement massif sur les réseaux sociaux avant même sa commercialisation. Aux États-Unis comme en France, des vendeurs illégaux et des influenceurs fitness en font la promotion, malgré les risques sanitaires. Perdre toujours plus et toujours plus vite. C’est la promesse d’une molécule miracle : le rétatrutide. Ce peptide, actuellement développé par le laboratoire américain Eli Lilly , promet une perte de poids de 28,3% en un an et demi à la dose la plus élevée, d'après l'un des derniers essais en phase 3 publié en mai dernier. Et ce, car le rétatrutide cible trois récepteurs pour imiter trois hormones intestinales et pancréatiques naturelles : le GLP-1, le GIP et le Glucagon qui agissent sur l'appétit, la glycémie et le métabolisme énergétique. Une nouveauté alors que les médicaments actuels , le Mounjaro déjà développé par Eli Lilly ou le Wegovy de son concurrent danois Novo Nordisk, ciblent respectivement deux récepteurs (le GLP-1 et le GIP) ou un seul récepteur (le GLP-1).
Surnommé par certains médecins le “King Kong” de la perte de poids, le rétatrutide donne des premiers résultats d’essais cliniques se rapprochant des résultats de perte de poids après une chirurgie. La société américaine Eli Lilly a annoncé le dépôt d’une demande de commercialisation auprès de la Food and Drug Administration (FDA) au premier trimestre 2027. La commercialisation aux États-Unis pourrait avoir lieu fin 2027 pour une arrivée en Europe en 2028.
Forcément, une telle promesse a suscité l’intérêt grandissant des patients, en quête de ces fameuses "piqûres magiques” qui permettent de perdre toujours plus de poids.
En 2023, les États-Unis font face à des pénuries de traitements amaigrissants. Dans ce contexte, certaines pharmacies disposent alors de l'autorisation de fabriquer et commercialiser ces traitements existants à des prix moins élevés. L’accès à ces produits se démocratise, avant que le retour à la normale de l’approvisionnement ne conduise à la fin de ces dérogations. Des patients, confrontés à des coûts plus élevés ou à des difficultés d’accès, cherchent alors d’autres moyens de poursuivre leur traitement et se tournent vers le marché noir. La boîte de Pandore est ouverte.
Lorsque le laboratoire Eli Lilly annonce les premiers résultats de ses essais du rétratutide et les promesses de cette molécule, il n'en fallait pas plus pour que ce marché noir s'oriente vers les ventes de ce traitement n'ayant reçu aucune homologation. Ces ventes passent par des laboratoires de recherche, souvent en Chine, qui ont le droit de produire le rétatrutide pour la recherche mais n'ont pas le droit de le commercialiser. Pour écouler leur marchandise illégalement, ces vendeurs s’appuient sur des intermédiaires particulièrement influents : les influenceurs fitness.
L’un d'eux, Jon Kluth, cumule plus de 237.000 abonnés sur TikTok. Dans sa biographie, l’indication “peps in bio” pour “peptides dans la biographie" renvoie vers un lien de vente de rétatrutide.
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