Au moins 63 arrestations dans un coup de filet anti-LGBT+ en Turquie
Cette vaste opération a été mise en lumière par le pouvoir islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, qui dit agir au nom de la protection de la famille traditionnelle.
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Article rédigé par franceinfo avec AFP France Télévisions Publié le 14/09/2026 08:01 Temps de lecture : 2min La police turque a procédé dimanche 13 septembre à des dizaines d'arrestations dans des bars gay et aux domiciles de militants LGBT+ dans 15 provinces turques, dont celles d'Istanbul, d'Ankara et d'Izmir. Cette vaste opération a été mise en lumière par le pouvoir islamo-conservateur, qui dit agir au nom de la protection de la famille traditionnelle. "Dans le cadre des opérations 'Ma famille est en sécurité' (...), des poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises", a écrit sur X le ministre de la Justice, Akin Gürlek.
Le ministre, qui accuse certaines des personnes interpellées d '"obscénité" ou d'aide à la prostitution, a souligné que ce coup de filet s'inscrit dans le cadre de "la Décennie de la famille" proclamée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, et ce afin de "protéger nos enfants, l'institution familiale et l'ordre social". Le chef de l'Etat turc prend régulièrement et depuis longtemps pour cible les LGBT+, qu'il qualifie de "pervers" et auxquels il impute la chute drastique de la natalité. L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais elle est largement réprouvée et l'homophobie y est répandue jusqu'au sommet de l'Etat.
A Istanbul, des policiers ont mené des descentes dans des bars gay et une boîte de nuit considérée comme un refuge de la communauté LGBT+, selon des images de médias progouvernementaux. Un hammam pour hommes connu pour être un lieu de prostitution a également été visé. Selon les parquets d'Ankara, d'Istanbul et d'Izmir, cités par l'agence de presse étatique Anadolu, au moins 63 personnes ont été interpellées, dans les rangs notamment des militants LGBT+, qui forment avec les féministes l'un des principaux pôles de résistance au gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Les autorités turques ont également rendu plusieurs sites internet inaccessibles et ont exigé le blocage de plusieurs dizaines de comptes Instagram et YouTube et de pages Facebook d'associations ou de militants LGBT+.
Quinze organisations turques de défense des droits humains, dont la branche locale de l'ONG Amnesty International, ont dénoncé dans un communiqué "le ciblage de l'ensemble du mouvement LGBT+" , jugeant "inacceptable de criminaliser des activités légitimes et légales (...) en les mêlant à des accusations de proxénétisme ou d'obscénité" . Cette "vague massive d'arrestations (...) marque une escalade choquante dans la répression en #Turquie. Cette imposition d'un agenda moral constitue une violation flagrante des droits fondamentaux et des engagements internationaux de la Turquie et entraîne le pays sur une voie obscure", a réagi sur X le rapporteur sur la Turquie au Parlement européen, Nacho Sanchez Amor.
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