La population de Gaza exaspérée après la destruction d'une usine de dessalement par Israël
L'armée israélienne prétendait viser un dépôt d'armes du Hamas, le mouvement et la population civile dénonce un crime de guerre. Dans la ville de Gaza, le bombardement de l'usine de dessalement d'eau de Sheikh Radwan, ce 24 août, est une catastrophe pour les habitants du quartier.
Écouter - 01:30 Par : RFI Publicité Lire la suite Avec notre correspondant à Gaza, Rami El Meghari
L'explosion a secoué tout le quartier Sheikh Radwan, au nord-ouest de Gaza -ville. Karam Alnemnem vivait tout près de l'usine de dessalement. Tout s'est envolé, y compris ses projets de jeune homme de 25 ans. « Je devais me marier dans environ deux semaines. Tous mes meubles, mes bagages et ceux de ma future épouse ont été détruits. Que Dieu nous dédommage », raconte-t-il.
Le bilan de l'attaque est d'au moins deux morts - des civils, dont un vieil homme et un enfant -. Des centaines de personnes ont également été déplacées. Jihane fait partie de ceux qui ont dû partir. La jeune femme interpelle la communauté internationale et dénonce les « faux appels à la paix ». « On nous ment. La guerre continue . Nous avons déjà été déplacés plusieurs fois du sud de Gaza. Qu'on nous sorte de là, nous en avons assez. Ça suffit ! », témoigne-t-elle.
L'usine de déssalement venait juste d'être remise en état. Responsable des travaux, Abdelhameed Almekawi et ses équipes sont écoeurés. « Nous avons déployé d’énormes efforts jour et nuit pour enfin fournir de l'eau aux gens, les rendre heureux. Israël prétend qu’il s’agissait d’un entrepôt d’armes. Je jure que c'est faux. Les jeunes ont travaillé dans la puanteur ici pour déblayer des montagnes de déchets et pour éliminer les rats et les moustiques », explique le responsable.
L'usine produisait 100 m3 d'eau potable par jour. Un apport vital à Gaza, où la majeure partie de l'eau est impropre à la consommation. Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a condamné ce bombardement, le qualifiant de « nouvelle tentative de priver (les habitants de Gaza) de tout moyen de survie ».
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