"Répugnant et méprisable" : sorti il y a 48 ans, c'est l'un des films les plus censurés dans le monde
Le cinéma regorge d'œuvres radicales, dérangeantes, insoutenables parfois, capable d'interpeller et / ou de révulser les spectateurs. Et dans ce registre, "Day of the Woman", sorti il y a 48 ans, se place là...
Dans la volumineuse encyclopédie des productions cinématographiques mondiales, ce ne sont pas les œuvres choc qui manquent. Si nombre d'entre elles ont abondamment versé dans le voyeurisme malsain, l'ultra violence et le sadisme gratuit, surfant parfois sans vergogne sur des tendances du moment pourvu qu'il y ait quelques billets à la clé, d'autres productions plus ou moins récentes se sont heureusement chargées de remettre certaines pendules à l'heure.
Des œuvres radicales, profondément dérangeantes, même insoutenables parfois, capables d'interpeller et / ou de révulser les spectateurs, pour le meilleur ou pour le pire. Dans ce registre, le film choc Day of The Woman , signé par Meir Zarchi , se place là.
Day of the Woman (autrement connu sous le nom de "I Spit on Your Grave" ou encore "Oeil pour oeil") est le film séminal du sous-genre Rape & Revenge avec La dernière maison sur la gauche ; très certainement un des films les plus censurés dans le monde.
En Grande-Bretagne, il fut interdit de 1984 à 2001, puis seule une version très expurgée fut autorisée à sortir. Au Canada, le film ne fut pas visible avant 1998, et en Irlande, il est resté interdit à la vente même lors de sa réédition en DVD en 2010. Aux Etats-Unis, le réalisateur Meir Zarchi fut obligé de couper 17 min de son film pour échapper à une infamante classification X par la MPAA.
"[Roger] Ebert n'a clairement pas aimé, je l'ai entendu en parler et ça m'a vraiment blessée" commenta dans un entretien en 2020 la tête d'affiche du film, l'actrice Camille Keaton , qui est aussi la femme de Meir Zarchi; ajoutant que le cinéaste l'avait alors rassurée en lui expliquant que cette polémique constituait en réalité la meilleure publicité possible pour le film. Un pari qui s'est avéré payant.
Du reste, aucun distributeur ne fut volontaire pour distribuer le film, obligeant le réalisateur à tenter de sortir à ses frais une première fois son film, sous le titre Day of The Woman. Le réalisateur, qui produira d'ailleurs le remake de son oeuvre en 2010, eut l'idée de ce film après avoir aidé en 1974 une femme qui errait nue dans les rues de New York, violée par deux inconnus.
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