Périscolaire, par-delà les accusations
Deux cents plaintes, des dizaines d’animateurs suspendus, des parents révoltés. Comme d’autres institutions avant elle, la Ville de Paris doit répondre de graves dysfonctionnements qui, des années durant, ont rendu possibles des violences sexuelles ou éducatives sur de nombreux enfants. Le scandale du périscolaire vaut à Anne Hidalgo d’être entendue ce mardi devant une mission parlementaire du sénat. Si elle admet qu’il y a eu « des trous dans le filet » , l’ancienne maire considère que les faits qui lui sont reprochés n’ont « pas de qualification pénale » . Le parquet de Paris en décidera, il vient de faire savoir que des investigations avaient été lancées à la suite d’une plainte pour inaction la ciblant, elle et son successeur.
À ce stade, une mise en garde s’impose. Dans ce type de dossier, aucune condamnation ne compensera jamais la colère des familles. Les décisions de justice sont souvent décevantes, faute de preuves suffisantes. Il y a quelques mois, deux animateurs contre lesquels les faits paraissaient pas assez étayés ont été relaxés. La tâche n’est-elle pas encore plus complexe, s’agissant d’établir la chaîne de responsabilités qui pourrait mener à l’incrimination des politiques ? Sans préjuger du résultat, ni encore moins nier l’importance des condamnations individuelles pour les victimes, il n’est pour l’avenir qu’une question qui vaille : a-t-on tout mis en œuvre pour que de tels faits ne se reproduisent pas ? De ce point de vue, les premières réponses de la Ville de Paris sont encourageantes. Détection, formation, présence systématique d’un deuxième adulte. Il en faudra sûrement davantage pour rétablir la confiance trahie. Les élus le doivent aux familles. La démarche accusatoire à la suite du scandale a d’autant plus de sens si elle permet à tous de progresser.
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