Tunnel sous la Manche : avec 13 allers-retours par jour entre Paris et Londres, Virgin Trains veut concurrencer Eurostar
Josh Bayliss, PDG de Virgin Group , est venu à Paris cette semaine, où il a notamment rencontré le ministre des Transports Philippe Tabarot et quelques journalistes pour afficher ses ambitions sur les liaisons en train à grande vitesse par le tunnel sous la Manche , informe l’ Agence France-Presse ( AFP ). Outre 13 allers-retours quotidiens entre Londres et Paris, qui ajouteront 4,75 millions de sièges par an sur la liaison, Virgin table aussi sur quatre allers-retours par jour entre Londres et Bruxelles, et trois entre Londres et Amsterdam, a indiqué le directeur général.
« Nous essaierons de proposer de meilleurs services à des prix plus bas », a-t-il expliqué, en espérant ne pas dépasser « cinq ans » de pertes initiales avant d’arriver à une rentabilité de son exploitation.
Le groupe du milliardaire britannique Richard Branson n’avait quasiment plus d’activités en France depuis juillet 2001, et la vente au groupe Hachette Distribution Services - filiale du groupe Lagardère - de la totalité de la société Virgin Stores (qui exploitait les magasins de l’enseigne en France dont les 14 Virgin Megastore).
Pour défendre son dossier, le groupe, qui possède notamment la compagnie aérienne Virgin Atlantic, s’appuie sur son expérience ferroviaire acquise lors de l’exploitation de la plus grande ligne britannique, la West Coast main line, pendant plus de vingt ans jusqu’à la perte de sa licence en décembre 2019.
Procédant par étapes, Virgin a d’abord obtenu le feu vert du régulateur ferroviaire britannique ORR pour exploiter jusqu’en 2040 sous le tunnel, à raison de 20 allers-retours quotidiens. Et il est parvenu à imposer sa présence dans le dépôt ferroviaire de Temple Mills, près de la gare Saint Pancras à Londres, pour garer et entretenir ses trains aux côtés de ceux d’Eurostar.
Autre élément majeur, Josh Bayliss a indiqué à la presse avoir « signé un contrat avec Alstom » le 18 septembre 2026, pour l’achat de 12 trains à grande vitesse de nouvelle génération Avelia Stream, pour 650 millions d’euros, de la même famille que ceux que la SNCF s’apprête à mettre en ligne. Virgin dévoile au passage la nouvelle livrée de la flotte, rouge et noire, siglée du logo blanc du groupe créé par l’homme d’affaires Richard Branson.
Mais son communiqué se borne à évoquer « un accord stratégique conclu avec le groupe français Alstom pour la livraison de 12 rames », et non « un contrat », qui entraînerait un versement d’acompte.
Le président de la région Europe d’Alstom, Andrew DeLeone, s’est déclaré « particulièrement enthousiaste à l’idée de collaborer à nouveau avec Virgin » à qui le groupe avait vendu le train Pendolino en Grande-Bretagne.
Avant de finaliser l’achat, le groupe Virgin attend peut-être le verdict de l’exploitant du tunnel sur sa capacité à gérer la sécurité et à garantir la robustesse générale de son exploitation. Virgin et tous les prétendants à l’exploitation doivent en effet déposer d’ici le 19 octobre auprès de Getlink (ex-Eurotunnel) leur demande d’autorisation d’exploitation.
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