Le Canada peut-il réduire sa dépendance militaire aux Etats-Unis ? La difficile équation de Mark Carney
On pourrait presque parler d’une lune de miel ! Après une riche tournée européenne au cours de laquelle son pays s’est vu proposer par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen de devenir "membre associé" de l’UE, le Premier ministre canadien, Mark Carney, est attendu de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer Emmanuel Macron ce dimanche 20 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Au programme des discussions entre les deux dirigeants, qui partagent une frontière maritime au large de Terre-Neuve : "sécurité" et "énergie".
Comme une réponse aux menaces d’annexion de Donald Trump, qui verrait bien dans son voisin du nord le "51e Etat américain".
Moins de deux semaines avant, ce dernier avait encore publié sur ses réseaux sociaux une image montrant le Canada, le Groenland, ainsi que des territoires français comme les Antilles et Saint-Pierre-et-Miquelon, sous bannière américaine.
Une nouvelle gifle pour son homologue canadien, élu, en 2025, sur la promesse implicite de lui tenir tête .
Avec plus d’une vingtaine de nouveaux accords commerciaux et de sécurité signés à l'international depuis sa prise de fonction, Mark Carney avance au pas de course pour diversifier ses alliances.
Une stratégie dans laquelle l'Europe occupe une place de choix : l’an dernier, Bruxelles et Ottawa ont conclu un partenariat de sécurité et de défense posant les bases de leur coopération.
Quelques mois plus tard, le Canada devenait le premier pays non européen à rejoindre le programme SAFE, qui vise à faciliter les achats conjoints d’armement.
Un symbole, à sa manière, du lien historique qui unit les deux continents.
Par deux fois au cours du siècle dernier, des dizaines de milliers de jeunes Canadiens avaient traversé l'Atlantique pour combattre sur le sol européen.
Mais pour l’heure, ce rapprochement s’accompagne surtout d’un début de diversification industrielle.
Au printemps dernier, Ottawa a ainsi préféré l’offre du groupe suédois Saab pour six avions radars GlobalEye à celles des concurrents américains Boeing et L3Harris.
Moins de deux mois plus tard, le gouvernement canadien désignait en outre l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems comme fournisseur privilégié pour l’acquisition de 12 sous-marins non nucléaires.
Le dossier explosif des F-35 Sur le papier, des avancées réelles.
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