« Je me sens apaisé » : mais d’où vient cette nouvelle passion des jeunes pour l’observation des oiseaux ?
Un passe-temps pour certains, une passion ou un métier pour d’autres. Si l’on imagine souvent les jeunes passer leur temps libre sur leur téléphone, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à prendre l’air pour… observer les oiseaux.
Le « birdwatching », le mot anglais pour désigner l’ornithologie, est un loisir accessible à tous. En forêt, au cours d’une randonnée, dans un parc ou en plein centre-ville, il suffit parfois d’ouvrir les yeux et de tendre l’oreille. « J’ai commencé pendant mes études supérieures. Quand j’avais passé une mauvaise journée, j’allais voir les oiseaux pour déstresser. Encore aujourd’hui, je les regarde et j’oublie mes problèmes » , raconte Manon Béréhouc à l’édition du soir . La jeune femme, âgée de 26 ans, est restée proche des animaux en devenant cinéaste animalière.
En 2024, la France comptait près de 50 000 passionnés d’ornithologie, professionnels comme amateurs, selon le quotidien Le Monde . Et cette pratique semble gagner du terrain auprès des jeunes. Si aucun chiffre officiel en France ne permet de mesurer précisément cette progression, la Grande-Bretagne offre un indicateur frappant : une étude de Fifty5Blue, publiée par la RSPB et citée par le journal britannique The Guardian , estime que près de 750 000 jeunes Britanniques âgés de 16 à 29 ans observent régulièrement des oiseaux, une augmentation de 1 088 % depuis 2018.
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De nombreuses associations étudiantes permettent aux jeunes de se retrouver autour de l’observation de la nature. Rodolphe Arès, 21 ans, entre en master de gestion de l’environnement. Après une expérience en tant que chargé de missions au sein d’une association naturaliste étudiante, il se souvient avoir organisé des sorties ornithologiques, bien souvent complètes, attirant des étudiants issus de formations diverses.
Pour d’autres étudiants, l’objectif est d’aller plus loin que le loisir : en faire leur métier. C’est le cas de Romain Poirel, 23 ans, en master d’écologie et de biodiversité, pour qui « je trouve du sens dans cette pratique parce que je me dis que quand je mourrai, j’aurais l’impression d’avoir connu le monde. » Un objectif avancé par de nombreux passionnés : vouloir connaître le monde.
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« Avant l’observation, c’est un travail de compréhension des oiseaux. C’est ce qui me plaît, en apprendre plus sur le monde qui nous entoure » , estime Marius Guinant, 26 ans, archéologue et amateur d’ornithologie. Ce Bordelais admet : « C’est triste de vivre en ville entouré d’autres espèces vivantes, qui vivent avec nous, sans les connaître. »
Une activité calme, bien souvent en pleine nature, complètement déconnectée. On pourrait croire que ce sont aujourd’hui des pratiques réservées aux plus âgés, voire aux retraités, et qui n’intéressent pas les jeunes. Et pourtant… « C’est justement ça le but : se déconnecter de la ville, dans le silence.
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