Festival America : quelle place les écrivains occupent-ils dans une Amérique divisée ?
Le Festival America ouvre jeudi à Vincennes avec une édition exceptionnelle : une soixantaine d’écrivains américains réunis pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Alors que les Etats-Unis n'ont jamais semblé aussi divisés, quel rôle la littérature joue-t-elle encore outre-Atlantique ?
Le Festival America ouvre jeudi à Vincennes avec une édition exceptionnelle : une soixantaine d’écrivains américains réunis pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance. Mais pour la première fois depuis sa création en 2002, le festival se tiendra sans le soutien de l’ambassade des États-Unis et du Département d’État : après avoir appris que la subvention habituelle serait réduite de 80 %, ses organisateurs ont décidé de la refuser. Une rupture très symbolique, à quelques semaines des élections de mi-mandat américaines, alors que cette édition entend justement dresser un « état des lieux » des États-Unis. Quel pays la littérature américaine raconte-t-elle aujourd’hui, et quelle place les écrivains occupent-ils dans une Amérique profondément divisée ?
Le ministère de la Culture vient de publier le Baromètre des sorties culturelles 2025. Cette enquête menée sur 3 000 personnes de plus de 15 ans révèle que 33 % des Français ont visité un musée ces 12 derniers mois contre 39% en 2024 soit une baisse de 6% en un an. Sur la même période, la fréquentation du cinéma et du théâtre reste stable : 57 % des Français se sont ainsi rendus en salle en 2025, et 20% sont allés au théâtre. Autre élément mis en avant par cette étude, les fortes disparités selon le niveau de diplôme : par exemple 22% des personnes ayant un CAP se sont rendus au musée l'an dernier contre 55% pour les personnes ayant un Bac+3.
Le cinéma associatif la Clef à Paris propose demain soir une séance un peu spéciale : la projection d'un film underground consacré au critique et philosophe Mark Fisher. Intitulé "We are making a film about Mark Fisher", cette oeuvre à la croisée du documentaire, de la performance et de la fiction retrace la pensée du britannique décédé en 2017. Devenu aujourd'hui une icône, Mark Fisher a théorisé la notion de "réalisme capitaliste" selon laquelle il est aujourd'hui plus facile d’imaginer la fin du monde plutôt que la fin du système capitaliste. Ce documentaire auto-financé n'est jamais sortie en salle, il est introuvable sur internet et indisponible à l'achat. Un collectif le fait vivre à travers quelques rares séances dans le monde. Son passage à Paris est donc un évènement. La projection aura lieu ce mercredi à 20h et sera suivi d’une discussion en compagnie d’Ariane Mitz, professeure de philosophie.
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