Léon XIV en France : liberté fondamentale
Combes et Clemenceau en perdraient leur latin. Deux journalistes de La Croix conversent paisiblement avec le ministre de l’intérieur dans le bureau qui fut le leur Place Beauvau. La scène en elle-même – qui n’est pas une première – résume le chemin parcouru depuis la Révolution. Entre la République et les catholiques, deux siècles de conflits, de rapports houleux, parfois d’instrumentalisation. C’est dans cette perspective historique qu’il faut apprécier l’équilibre des déclarations de Laurent Nuñez à notre journal. « La laïcité garantit que chacun puisse librement exercer son culte, y compris sur l’espace public. »
Au fond, le ministre ne fait que rappeler une évidence. Les croyants ne sont pas moins légitimes à exprimer leurs convictions dès lors qu’ils ne troublent pas l’ordre public. Cette liberté est garantie par la Constitution. C’est ce qui justifie les moyens importants que l’État mobilise pour la visite du pape Léon XIV . Si les participants peuvent éprouver de la gratitude envers les contribuables qui ne partagent pas leur foi – et vont de fait participer au financement du dispositif policier – on peut en dire autant pour n’importe quelle manifestation sportive, politique, syndicale, culturelle.
Laurent Nuñez entend couper court aux polémiques qui ne manqueront pas de fleurir lors de la venue du pape dans une France laïque. Il se trouvera toujours quelques esprits malicieux pour ranimer les vieilles querelles, surtout en période pré-électorale. Pour un peu, certains voudront faire croire qu’on s’apprête à célébrer les noces de la République et de l’Église sur la place de la Concorde ! En contribuant à cet événement, l’État non seulement ne sort pas de son rôle, mais il permet à la République de répondre à sa principale vocation : faire vivre pleinement les libertés fondamentales.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.la-croix.com — le contenu appartient à La Croix.