« Un pur réflexe militaire » : à la barre, Loïk le Priol revient sur les tirs qui ont tué Federico Martin Aramburu
Après deux semaines d’audience , qui ont notamment tourné autour de la personnalité des accusés , la cour d’assises de Paris s’est intéressée, ce lundi 21 septembre 2026, aux dernières heures de Federico Martin Aramburu. Questionné sur l’épilogue sanglant d’une querelle alcoolisée sur une terrasse parisienne le 19 mars 2022, Loïk le Priol, soupçonné d’être l’auteur des tirs mortels sur le rugbyman argentin, a assuré fait feu par « pur réflexe militaire », « sans intention » de tuer, pour se défendre face à « un tabassage total » , rapporte l’Agence France-Presse (AFP) , présente à l’audience.
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Cet ancien soldat de 32 ans, militant de l’ultradroite parisienne, n’a pas dévié d’un iota, malgré deux semaines de débats qui ont mis à mal sa défense. Il continue de clamer avoir été victime de « provocations » de l’ami de la victime, Shaun Hegarty, puis d’une « agression » de Federico Martin Aramburu. L’accusé assure avoir été ensuite frappé, tirant finalement « jusqu’à ce que ça s’arrête ».
Son coaccusé Romain Bouvier, 35 ans, est le premier à avoir fait feu sur l’Argentin boulevard Saint-Germain, où lui-même était parti à pied, à la recherche des rugbymen pour, selon l’accusation, en découdre encore après une courte bagarre.
« Là j’entends des détonations », a relaté Loïk Le Priol, en claquant quatre fois des mains, relate l’ AFP . « Ce n’est plus une altercation de bistrot », « ça me propulse », raconte-t-il ensuite, dans un flot d’explications assénées sur le ton impérieux de l’évidence.
En sprintant, pour retrouver Bouvier et sa petite amie et non pour en découdre, affirme-t-il, il aurait essayé « de (se) ré-ancrer dans le réel » , relatant se trouver dans un « effet tunnel » , avec « le palpitant à 200 » et du « sang dans la bouche ».
Un peu plus tard, Loïk Le Priol, selon son récit, « retombe sur les rugbymen ». « Au moment où je les dépasse, je me fais percuter sur la gauche », il déclare prendre « un énorme coup dans le visage », puis, « dans la seconde qui suit », sent un autre coup à l’arrière du crâne, un « tabassage total ».
Par « pur réflexe militaire, alors que je suis tenu par l’arrière », « je sors mon arme » et tire « jusqu’à ce que ça s’arrête », explique ensuite Loïk Le Priol sans jamais se départir de son assurance catégorique. « Jusqu’à ce que l’agression s’arrête », explicite-t-il sous les yeux des anciens équipiers de Federico Martin Aramburu à Biarritz.
Des experts psychiatres ont relevé la semaine dernière les « traits psychopathiques manifestes » de Loïk Le Priol et sa tendance à se poser en victime et à fuir ses responsabilités, rapporte aussi l’ AFP .
Quand le président Franck Zientara objecte à sa démonstration ou rappelle son penchant pour les armes et l’alcool, Loïk Le Priol n’est jamais contrariant : « Vous avez totalement raison, monsieur le président », « On est d’accord », « J’assume », « C’est clair… », répond-il.
Le magistrat relève aussi que Federico Martin Aramburu n’était pas armé et que les tirs mortels l’avaient atteint dans le dos.
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