Le Venezuela débloque des portails d’information censurés, un opposant arrêté
Plusieurs sites d’information dont l’accès était difficile ont été débloqués jeudi 17 septembre par les autorités du Venezuela, à la grande satisfaction de leurs dirigeants et journalistes qui ont souffert de cette censure pendant des années.
Cette ouverture intervient alors que pouvoir et opposition ont entamé jeudi après-midi un deuxième cycle de négociations neuf mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.
Les pourparlers ont été perturbés par l’arrestation dans la journée par les services de renseignement d’un ancien maire d’opposition, Javier Oropeza, rentré au Venezuela en début de semaine après deux ans d’exil, à Barquisimeto (nord-ouest).
Celui-ci a été libéré en soirée, après une intervention en ce sens de la cheffe de la délégation de l’opposition Dinorah Figuera. La liberté d’expression est un des points à l’ordre du jour de cette deuxième séquence de négociations. Le premier cycle en août avait notamment abouti au lancement d’un processus de réforme judiciaire.
Des membres de la délégation de l’opposition ont précisé qu’ils ne donneraient pas d’éléments sur les négociations de jeudi.
Des militants, des journalistes et des ONG dénonçaient depuis des années le blocage de sites Web, y voyant un mécanisme de censure. Pour y accéder au Venezuela , il fallait utiliser un VPN (réseau privé virtuel). La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a annoncé sur son site Internet le « rétablissement officiel de l’accès à diverses plateformes et à des médias de communication numériques nationaux et internationaux » .
« Nous avons réussi à tenir, nous avons réussi à inventer, et nous sommes arrivés à survivre jusqu’à ce moment » , a déclaré le directeur du site Tal Cual, Víctor Amaya. Tal Cual est bloqué sur Internet depuis juillet 2024 et la répression de la crise post-électorale de la présidentielle dont Nicolas Maduro avait été déclaré vainqueur malgré les accusations de fraude.
Tal Cual a perdu 60 % du trafic et les annonceurs se sont éloignés par crainte d’être sanctionnés par les autorités, a-t-il confié.
Víctor Amaya s’est toutefois montré sceptique quant à la levée du blocage pour tous les médias : « Espérons que cela ne se passe pas comme avec certaines libérations de prisonniers (politiques), où l’on en annonce 100, mais on n’en voit que 60 ou 70 » , espérant que la mesure permette au pays « d’avoir un environnement de communication normalisé » .
L’ONG de défense des droits numériques VE Sin Filtro a vérifié l’accès à 17 sites Web auprès de plusieurs fournisseurs d’accès à Internet. Elle recense encore au moins 188 sites bloqués dans le pays, dont 79 médias d’information.
De son côté, NTN24 a confirmé dans un premier temps que son site Web était accessible au Venezuela, mais a indiqué plus tard que l’accès était intermittent. D’autres médias ont signalé la même chose.
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