"La Chine, même pas peur" : rencontre avec Maud Vinet, l'égérie française de l'ordinateur quantique
Parfois, les idées reçues nous rattrapent, même lorsqu'on les combat.
En donnant rendez-vous à Maud Vinet, on s'attendait à rencontrer un spécimen de laboratoire, pressé de retrouver ordinateur et salle blanche, noyant son interlocuteur de concepts dont seule une élite apprécie la finesse.
A l'heure dite, c'est une sorte de fée clochette qui déboule.
Taille de guêpe, rire cristallin, solaire.
Chemisier en dentelle ivoire, elle passerait presque pour une professeure de littérature, prête à embarquer un de ses élèves dans l'univers de Mallarmé ou de Victor Hugo.
"Il y a de la poésie dans Maud Vinet", s'amuse Jacques-Charles Lafoucrière, un des pontes du CEA à Grenoble , qui la suit depuis des années.
C'est pourtant une tout autre langue que cette quinquagénaire maîtrise : la physique quantique.
Elle en est même une des meilleures spécialistes au monde.
Le quantique, pas vraiment une science molle.
Là, il s'agit de gagner les confins de la science, de marcher dans les pas d'Albert Einstein, de Max Planck, de Niels Bohr ou beaucoup plus récemment de ceux du Prix Nobel français de physique Alain Aspect.
Du CEA à la startup A la différence de beaucoup de chercheurs, Maud Vinet ne détourne pas le regard quand on lui parle de "business plan", de rentabilité économique et de coûts de production.
L'hybridation, les passerelles, elle connaît par cœur.
C'est même sa marque de fabrique.
Elle a passé sa vie professionnelle à construire des ponts entre la recherche fondamentale et le développement industriel, un pied aux Etats-Unis chez IBM notamment, l'autre en Europe.
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