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Économie

Franchises médicales : le plafond annuel grimpe à 140 euros dès le 1er octobre pour la grande majorité des assurés

Challenges ·
Franchises médicales : le plafond annuel grimpe à 140 euros dès le 1er octobre pour la grande majorité des assurés

À compter du 1 er octobre, le reste à charge pour les assurés passe de 100 à 140 euros. Le nouveau plafond sera réévalué chaque année, à partir de 2028, en fonction de l’inflation. L’Unsa dénonce une « logique inacceptable ».

Le décret est paru samedi au Journal officiel : à compter du 1 er octobre, le plafond annuel des franchises médicales , le reste à charge payé par l’assuré, passe de 100 à 140 euros. Dans le détail, il est de 70 euros – contre 50 euros actuellement — pour les consultations ainsi que pour les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires.

Le gouvernement prévoyait initialement de doubler le plafond à 200 euros . Mi-août, l’exécutif s’est finalement ravisé face à l’opposition des conseils des caisses de Sécurité sociale, des représentants des professionnels de santé ainsi que des patients. Le nouveau plafond sera réévalué chaque année en janvier à partir de 2028 en fonction de l’inflation, précise le décret. « Les plafonds annuels sur les consultations et les médicaments n’avaient pas évolué depuis leur création il y a 20 ans. Ils passent de 50 à 70 euros, pour prendre en compte l’inflation depuis cette date » , a déclaré à l’AFP la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

« Cette évolution reste mesurée et protège ceux qui en ont le plus besoin, puisque 18 millions de Français demeurent exonérés » , défend la ministre. En effet, les mineurs, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ainsi que les femmes enceintes ne sont pas concernés.

« L’impact moyen pour les assurés » est « estimé à 10 euros par an, soit moins d’un euro par mois » , soutenait le cabinet de la ministre fin août. Pour les patients en affection longue durée (ALD) « qui bénéficient souvent de davantage de consultations et médicaments pris en charge par l’Assurance maladie , l’impact moyen est estimé à deux euros par mois » , avançait le ministère de la Santé.

L’ Unsa a déjà dénoncé cette augmentation. « Selon nos calculs, une stricte prise en compte de l’inflation aurait élevé le plafond à (…) 131,85 euros au total, et non 140 euros », a indiqué fin août le secrétaire général du syndicat, Laurent Escure. Pour l’Unsa, cette décision du gouvernement « instaure un mécanisme automatique et pérenne d’augmentation du reste à charge des patients ». Le syndicat dénonce une « logique inacceptable ».

« Préserver notre modèle social, ce n’est pas l’immobilisme : c’est garantir qu’il pourra continuer demain à financer, pour chacun, les soins les plus utiles, les plus efficaces et les plus innovants », défend Stéphanie Rist. À l’approche des débats sur le budget 2027 , le gouvernement cherche à résorber le déficit de la Sécurité sociale, qui a atteint 21,6 milliards d’euros en 2025 et devrait s’alourdir à 23,2 milliards en 2026, selon la commission des comptes de la Sécu.

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