Procès de l'enlèvement de Mia : "Je ne voulais pas faire ça, mais c'était la seule solution", explique la mère
Au troisième jour du procès de Rémy Daillet et de son groupuscule complotiste à Paris, Lola Montemaggi, la mère de la petite Mia, s'est expliquée ce jeudi à la barre. Elle est jugée pour avoir participé à l'enlèvement de sa fille dont elle avait perdu la garde.
C'est l'épisode le plus marquant de l'affaire Daillet qui a été évoqué ce jeudi au tribunal correctionnel de Paris : celui de la disparition de Mia , 8 ans, en avril 2021 dans les Vosges. La petite fille avait été retrouvée au bout de cinq jours en Suisse , avec sa mère, Lola Montemaggi. La trentenaire est jugée pour "complicité de séquestration et soustraction d'un mineur par ascendant", avec d'autres coprévenus dont Rémy Daillet, l'instigateur du rapt . Elle a été entendue à la barre ce jeudi.
Lola Montemaggi raconte que sa vie bascule fin 2020, quand sa mère, la grand-mère de Mia, alerte les services sociaux. Inquiète de voir que Lola éprouve de grandes difficultés à s'occuper de sa fille, la grand-mère donne des détails. Elle explique que Lola a retiré Mia de l'école pour lui faire cours à la maison, et que Lola, qui s'est rapprochée du mouvement des gilets jaunes, envisage de partir en voyage en camping-car, loin, très loin, pour passer sous les radars.
L'Aide sociale à l'enfance d'Épinal diligente une enquête. Elle relève que Lola refuse de vacciner sa fille, qu'elle ne lui donne pas de médicaments et que Mia évolue dans un environnement anxiogène qui affecte son développement. Lola perd alors la garde de sa fille. La machine s'est mise en route. C'est terrible, raconte aujourd'hui la jeune femme à la barre, qui n'a alors plus qu'une idée : récupérer Mia coûte que coûte. Sur Internet, elle entre en contact avec le groupe de Rémy Daillet qui sera chargé de récupérer Mia et de la lui restituer. "Je ne voulais pas faire cela, mais c'était la seule solution" , explique-t-elle.
Si Lola Montemaggi décide d'organiser l'enlèvement de sa fille, c'est en raison principalement de sa grande défiance à l'égard des services sociaux. Elle le répète encore et encore : derrière l'aide sociale à l'enfance se cachent trafic d'enfants et réseaux pédocriminels. Elle en a la conviction, c'est le fruit, explique-t-elle, de ses lectures sur Internet. En se rapprochant du mouvement des gilets jaunes et de leur idéologie, Lola dit qu'elle a ouvert les yeux. Elle parle de prise de conscience : "J'ai eu un flot d'informations sur ce qui se passe dans le monde. Je découvre qu'il y a des horreurs".
Elle cite pêle-mêle les viols, la prostitution et la maltraitance qui gangrèneraient, selon elle, les services d'aide à l'enfance. Au président qui l'interroge, Lola dit son malaise de se trouver sur le banc des prévenus. Elle avale une gorgée d'eau, agite ses mains pour avoir un peu d'air et s'assoit sur la chaise que lui apporte l'huissier. "Je fais de mon mieux pour répondre, mais c'est difficile" , souffle-t-elle.
À la barre, Lola Montemaggi fait aussi le récit du rapt de Mia le 13 avril 2021. "Cela me semblait tellement fou que jusqu'au bout, je pensais que l'opération ne serait pas nécessaire" , raconte-t-elle. La mère de Mia est convaincue que la justice va lui rendre la garde de sa fille.
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