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"Il y aura des perdants": le gel des pensions au-delà de 3.000 euros bruts coûterait 650 euros par an aux retraités mais pourrait rapporter au moins 1 milliard d'euros à l'Etat

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"Il y aura des perdants": le gel des pensions au-delà de 3.000 euros bruts coûterait 650 euros par an aux retraités mais pourrait rapporter au moins 1 milliard d'euros à l'Etat

La piste d'un gel partiel des pensions de retraite pour les retraités les plus aisés est étudiée de près par le gouvernement afin de réduire le déficit public. Les retraites restent la première dépense publique avec un budget de 400 milliards d'euros par an, au sein de la protection sociale. La rentrée approche et l'exécutif étudie, au coeur de l'été, des pistes d'économies afin de réduire le déficit public dans son budget 2027. Alors qu'il s'est fixé un objectif de 5,0% du PIB pour l'année 2026, l'État s'est engagé auprès de l'Union européenne à ramener son déficit sous les 3% d'ici à 2029. Une trajectoire à ce jour difficilement tenable et qui nécessiterait la réalisation d'environ 100 milliards d'euros d'économies. Les retraites, qui représentent la première dépense publique de la France avec environ 400 milliards d'euros de budget annuel, font partie des principales cibles.

Le ministre soulève ici la question de la sous-indexation des pensions de retraite. Cette mesure consisterait à ne pas les revaloriser, ou bien à un niveau inférieur à celui de l'inflation, contrairement à ce que la loi prévoit (depuis 1993 dans le secteur privé, et depuis 2003 pour la fonction publique). Alors que l'inflation est attendue autour de 2% en fin d'année, un potentiel gel total des pensions pourrait contribuer à générer jusqu'à 6 milliards d'euros d'économies. Mais ce scénario serait politiquement très risqué à l'aune d'une année de campagne présidentielle.

L'autre option serait de geler seulement les pensions les plus élevées, en définissant un point d'équilibre, aujourd'hui évoqué (mais pas confirmé par le gouvernement) autour de 3.000 euros bruts par mois . Cela concernerait alors plus de 1,4 million de personnes, soit environ 8% des 17 millions de retraités en France, a indiqué jeudi matin Mathieu Plane, directeur adjoint du département Analyses et prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) sur RTL .

Ne pas augmenter ces pensions à hauteur de l'inflation engendrerait le gel d'une évolution des revenus d'environ 60 euros bruts par mois pour les pensions de 3.000 euros bruts. Soit environ 54 euros nets par mois, une fois les prélèvements sociaux déduits, ce qui représenterait environ 650 euros sur 12 mois. Ainsi, pour une retraite de base brute de 3.000 euros par mois, la pension nette s'élèverait à 2.727 euros en cas de désintexation totale de l'inflation (la même qu'aujourd'hui), contre 2.781 euros nets avec un alignement sur l'inflation.

En désindexant complètement les pensions supérieures à 3.000 euros, "on est à plus de 1 milliard d'euros d'économies", ajoute l'économiste. "On parle sinon de 750 millions d’euros pour 1 point d’inflation", c'est-à-dire en ne revalorisant que de 1% ces pensions de retraite, au lieu de 2%. Ce scénario est également sur la table.

2027 : Vers un gel partiel des pensions de retraites ? – 17/08 10:09 Potentiellement 8% des retraités concernés Si le seuil des 3.000 euros bruts était retenu, environ 8% des retraités seraient alors concernés.

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