L’officier américain qui a survécu 36 heures en Iran après s’être éjecté de son avion témoigne pour la première fois
C’est l’une des histoires qui a marqué la guerre en Iran , il y a maintenant cinq mois. Début avril, un pilote de l’armée américaine, ainsi qu’un officier, s’étaient éjectés de leur chasseur-bombardier F-15E, abattu par les forces iraniennes.
Si le premier avait pu être exfiltré peu après le crash, au cours d’une opération menée en plein jour par les forces spéciales américaines, l’officier des systèmes d’armes – celui qui est assis sur le siège arrière – s’était lui retrouvé pendant une cinquantaine d’heures en territoire hostile , dans les montagnes iraniennes.
Il avait dû passer près d’un jour et demi à se cacher dans les monts Zagros où il avait atterri, une chaîne de montagnes située dans le sud de l’Iran, une région accidentée et très peu peuplée, rapportait alors le New York Post .
Pour la première fois, le membre de l’US Air Force « Dude 44 Bravo » – son nom de code militaire – a raconté ces longues heures passées en territoire ennemi.
Ainsi, lorsque le missile a frappé l’appareil, c’était comme « se faire percuter par un train de marchandises » , a-t-il témoigné dimanche 13 septembre dans 60 Minutes sur CBS , l’émission d’information la plus suivie aux États-Unis. Les deux militaires ont alors tout fait pour sauver leur avion de chasse, avant de devoir se résoudre à l’éjection. « Je serai reconnaissant jusqu’à mon dernier souffle envers mon pilote et coéquipier Alpha, pour nous avoir sauvé la vie et nous avoir éjectés » , commente-t-il à ce propos.
Dans les airs, Dude 44 Bravo vit alors « la chose la plus terrifiante qu’[il a] jamais vue » , quand il lève les yeux et ne voit aucun parachute. Celui-ci est en réalité endommagé, si bien que l’officier finit par heurter le sol à une vitesse comprise entre 110 et 160 km/h, selon des spécialistes ayant analysé les conditions de son impact au sol.
« Je ne me concentrais pas sur la vitesse à laquelle je tombais, je m’efforçais plutôt de corriger les problèmes qui se présentaient à moi, et de tout faire pour déployer ou dégager des pans du parachute » , raconte Dude 44 Bravo, qualifiant sa survie de « miracle des temps modernes » .
« J’étais blessé, mais on s’entraîne tous pour s’adapter et surmonter les difficultés. Malgré mes blessures, je me suis éloigné aussi vite que possible de l’endroit où j’avais atterri » , explique-t-il encore, alors que débutent pour lui près de 50 heures de solitude dans une région désertique, aux falaises escarpées.
Si Alpha a pu être secouru après six heures en territoire ennemi, lui se retrouve complètement isolé à huit kilomètres de son coéquipier, presque sans eau ni nourriture, dans le vent et le froid de la haute montagne. Il entreprend alors de gravir une crête à plus de 2 000 mètres d’altitude pour se cacher des forces iraniennes lancées à sa recherche.
À la tombée de la première nuit, il parvient à envoyer un message à ses proches.
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