Politique. Budget 2027 : vers une mise à contribution des retraités ? Semaine décisive pour le gouvernement
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’apprête à présenter son projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Un exercice d‘équilibriste sous la menace constante d’une motion de censure par une Assemblée nationale fragmentée.
Semaine décisive pour la préparation du budget pour 2027. Après un premier séminaire fin août, le Premier ministre Sébastien Lecornu accélère la cadence et convoquera une nouvelle réunion des ministres jeudi 17 septembre. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a évoqué la nécessité d’engranger 30 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public sous la barre symbolique des 5 % du PIB. Parmi les pistes pour parvenir à cet objectif, la contribution des retraités est évoquée.
Pour économiser six milliards d’euros, Matignon lance une concertation délicate visant soit à geler temporairement l’indexation des pensions sur l’inflation, soit à raboter l’abattement fiscal historique de 10 % dont bénéficient les retraités. Si Roland Lescure garantit « qu’aucune pension ne diminuera » en valeur absolue , la pilule fiscale s’annonce difficile à avaler. Jean-Pierre Farandou , le ministre du Travail, a également défendu cette hypothèse, estimant dimanche qu’il n’est « pas illogique de faire appel à un effort des retraités ».
Dans un contexte économique tendu, le gouvernement a abaissé sa prévision de croissance à la suite de celles de l’Insee (0,4 % de croissance en 2026) publiées jeudi. Sébastien Lecornu doit résoudre une équation complexe : concrétiser les promesses faites après les multiples crises de l’été - notamment des aides pour les agriculteurs - tout en faisant des économies, et sans augmenter les impôts, comme il s’y était engagé, fin août.
Côté entreprises, le ton se veut rassurant. Le Premier ministre dessine un « pacte de stabilité », promettant de préserver le pacte Dutreil pour les transmissions familiales et d’amorcer une baisse de la surtaxe sur les grands groupes. L’exécutif veut par ailleurs faciliter les donations intrafamiliales .
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La suite s’annonce explosive. Les choix définitifs seront validés en Conseil des ministres d’ici la fin du mois, avant le dépôt officiel du texte budgétaire devant l’Assemblée nationale, au plus tard le mardi 6 octobre. Le gouvernement n’exclut pas de recourir à l’article 49.3 - avec le risque d’une censure - ou à des ordonnances pour faire adopter ce budget « réversible », calibré pour tenir jusqu‘à la présidentielle. La rentrée parlementaire s’annonce d’ores et déjà volcanique.
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