"Je n'avais pas prévu de prendre autant de temps": Angèle raconte la création de son nouvel album "Instinct"
On l’avait quittée en reine de la pop, sucrée, colorée. On la retrouve cinq ans plus tard dans un tout autre registre. Avec son troisième album, Instinct attendu ce vendredi 16 octobre, Angèle signe un virage musical assumé et troque les refrains acidulés de Brol et Nonante-cinq contre des sonorités électro.
Pour l’accompagner dans cette transition, la chanteuse belge a convoqué le gratin de la scène électronique: le duo de la French Touch Justice signe What You Want , les Belges de Soulwax sont de la partie sur Trop , tandis que SebastiAn la retrouve sur Love Triangle , un morceau partagé avec l'Américaine Caroline Polachek.
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Des collaborations nées au fil des rencontres, pour un disque de 13 titres fabriqué patiemment, loin des projecteurs entre Bruxelles et New York, dont Angèle, rencontrée à Paris quelques jours avant la sortie de l'album, raconte les coulisses.
Oui, j’avais envie de prendre mon temps, mais je n'avais pas prévu de prendre autant de temps. L’avantage, c’est que j’avais l’occasion de faire les choses à mon rythme et que j’ai aussi appris à faire les choses différemment, à les faire dans un rythme qui n’était pas restreint.
Et la création devenait un vrai plaisir parce que je n’y ai mis aucun enjeu et je n’ai pas tout de suite mis le nom "album", même "projet". J'avais l’impression que la création allait arriver si elle était libre, si elle était instinctive, dans le présent, et qu’elle me venait comme ça, sans me dire: "Là, je suis en train de faire mon album, il faut que cette chanson parle de ça".
Ça libère d’écrire, mais ça libère de dire aussi. Moi, j’ai toujours écrit. J’ai toujours des journaux intimes, j’ai toujours des notes. Écrire a toujours été mon moyen d’expression. La différence, c’est qu’avant, j’écrivais, puis ça restait coincé dans des journaux. C’était un premier exutoire, mais après, j’ai appris à exprimer les choses, à les formaliser. Quand on formalise des choses, on se les admet aussi, et c’est comme ça qu’on peut avancer.
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La chanson Dis-le , c’est aussi de ça dont elle parle. C’est une chanson qui s’ouvre sur une forme de questions existentielles de la notion du temps qui passe. Ensuite, il y a tout ce moment dans la chanson qui invite à dire qu’on se sent seul, qu’on est fatigué, à dire si quelqu’un nous a blessé, à s’exprimer et à ne pas se taire face à l’injustice, face aux doutes, face aux questions de sexualité, face aux questions de santé mentale. C’était super important pour moi de pouvoir inviter les gens à se libérer.
Je me suis certainement dit que ça allait trop vite à certains moments, surtout pour mon premier album, où j’étais non seulement jeune, mais aussi inexpérimentée. Je n’ai pas appris ce métier avant de le faire et surtout, je n’ai pas appris à performer, je n’ai pas appris à être connue.
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