ENTRETIEN. Hélène de Fougerolles dans « La mère et l’assassin » : « En tant que comédienne, j’ai eu un cadeau »
Malgré une vie bien réglée, un mari aimant et deux filles qu’elle aime profondément, Morgane Jourdan (jouée par Hélène de Fougerolles ) ne peut s’empêcher de céder à la tentation. Dans un besoin de liberté, elle se lance dans une relation compromettante avec Hugo Bennec (François-David Cardonnel), le professeur de sport de sa fille Océane (Vittoria de Savoie), 17 ans. Mais un soir, cette dernière surprend les deux amants et part en courant. Morgane ne reverra plus sa fille, qui disparaît quelques minutes plus tard.
Rongée par l’angoisse et la culpabilité, la quadragénaire, persuadée d’Hugo est derrière cette disparition, se lance à corps perdu dans une recherche qui tourne à l’obsession. Mais très vite, son mari Samuel ( Florent Peyre ) découvre sa liaison avec Hugo, ce qui fracture leur couple et perturbe Alizée, leur fille cadette. À travers un récit sans jugement, La mère et l’assassin plonge dans une enquête intense, qui manque parfois de crédibilité.
Portée par Hélène de Fougerolles dans le rôle de cette mère dont l’erreur aura des conséquences malheureuses, la série est disponible depuis début août sur France.tv , et diffusée ce lundi 14 septembre sur France 2. Entretien avec la comédienne.
La palette en tant que comédienne de tout ce que je pouvais jouer émotionnellement. Et j’ai beaucoup aimé le personnage. On peut s’identifier à ce qu’elle vit, à ce qu’elle fait, même si elle ne fait que des mauvais choix. J’ai aimé ne pas la juger, j’ai aimé la comprendre, et ce par quoi elle passe. C’est elle la pire envers elle-même, avec cette culpabilité qu’elle porte.
C’est trop facile de rejeter la faute sur les autres. Il faut juste prendre sa responsabilité.
Tout va bien dans sa vie, elle n’a besoin de rien. Mais est-ce qu’elle ne va pas finir par s’encroûter au bout d’un moment ? Parce que la veille ressemble au lendemain dans sa vie. Mais il lui arrive ça et ça la fait pétiller. On ne peut pas condamner quelqu’un dont le cœur commence à se réveiller d’une autre façon avec une autre personne. J’étais polyamoureuse donc je le comprends. On ne peut pas condamner quelqu’un parce qu’au bout de 25 ans, il a peut-être le cœur qui pétille pour quelqu’un d’autre.
Est-ce lié aussi à un sentiment de manque de liberté, d’enfermement dans son quotidien ?
Ça signifierait que c’est de la faute de quelqu’un. J’adore me dire que ça vient elle. Ce n’est pas la faute de son mari, ce n’est pas à cause de ça. C’est elle toute seule. Elle a eu envie de ça parce que c’était agréable pour elle à ce moment-là. C’est trop facile de rejeter la faute sur les autres. Il faut juste prendre sa responsabilité. Et oui, ça a été cool. Mais pas longtemps.
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Vous avez dit que c’était un des plus beaux rôles que vous aviez joués depuis un petit moment. Pourquoi ?
J’y ai mis de moi. Je ne propose pas un personnage, ce sont mes larmes, c’est ma façon de m’exprimer. Si ça m’était vraiment arrivé, c’est exactement comme ça que je me serais exprimée. Je suis quelqu’un d’extrêmement friable, très émotif. C’est-à-dire que s’il m’arrive quelque chose, ça déborde.
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