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ÉDITORIAL. Sénatoriales et présidentielle: quand une élection en cache une autre

Ouest-France ·
ÉDITORIAL. Sénatoriales et présidentielle: quand une élection en cache une autre

Il n’y a pas que la présidentielle dans la vie politique de ce pays. Le 27 septembre, cinquante-huit départements et cinq collectivités d’outre-mer, plus les Français de l’étranger, sont appelés à désigner leurs sénateurs. Un peu plus de la moitié des sièges de la « chambre haute » (178 sur 348) seront renouvelés, mais le scrutin ne passionne pas les foules. Parce que le Sénat est moins connu que l’Assemblée. Parce que seuls 93 469 « grands électeurs » voteront dimanche, dont 95 % sont des maires ou des conseillers municipaux. Parce que le résultat est déjà acquis : la majorité sénatoriale LR-UDI (droite et centre) restera aux commandes.

Lire aussi : Sénatoriales : ce qu’il faut savoir sur les élections du dimanche 27 septembre

Le rendez-vous n’est pas sans enjeux pour autant. La principale inconnue tient en deux lettres : RN. Le parti de Marine Le Pen, qui n’a que trois représentants au Palais du Luxembourg, pourrait dépasser la barre des dix élus permettant de constituer un groupe parlementaire au Sénat. Objectif à portée de main grâce à l’UDR d’Éric Ciotti, en position de force dans les Alpes-Maritimes , où il a pris la mairie de Nice.

Que le Rassemblement national et ses alliés réussissent à prendre pied dans la vieille maison à fauteuils rouges n’aurait que très peu d’impact sur son fonctionnement. Cela ne traduirait d’ailleurs qu’imparfaitement la progression du RN aux dernières élections municipales. Mais la création d’un groupe RN-UDR au Sénat, juste avant la présidentielle, serait d’une grande portée symbolique. Et cet enjeu-là a un impact sur la campagne de la présidentielle.

Quand Sébastien Lecornu écrit samedi à Gérard Larcher , le président du Sénat, pour lui dire que les collectivités locales disposeront de 5 milliards de ressources supplémentaires en 2027, il n’est pas seulement question de faciliter l’adoption du budget de l’année prochaine. Pas quand la lettre part juste une semaine avant les élections sénatoriales.

Que Marine Le Pen choisisse le thème du logement pour lancer sa campagne n’est pas un hasard non plus. La question est certes au cœur du pouvoir d’achat, elle a raison sur ce point, tout comme il y a un vrai problème d’accès au logement social dans notre pays… d’abord dû à un déficit chronique de construction. Pas parce que les étrangers prendraient les places des Français en HLM.

Proposer de supprimer la loi SRU, faite pour pousser les communes à créer des logements sociaux, est donc un contresens, promis par Marine Le Pen sans sourciller. Tout comme l’abrogation du Zan, l’objectif « zéro artificialisation nette » pensé pour préserver les terres non construites . Il ne s’agit pas là d’améliorer la situation des Français en galère pour se loger, mais de plaire aux élus locaux que ces dispositifs enquiquinent. Ce sont les grands électeurs de dimanche que la candidate a choisi de soigner pour son entrée en campagne. Pas ses électeurs de 2027. Et ça s’appelle « faire de la politique ».

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