Un réacteur de la centrale de Gravelines a été reconnecté: huit tranches nucléaires d'EDF sont toujours à l'arrêt à cause de la canicule et d'une invasion de méduses dans le Nord
Huit réacteurs du parc nucléaire d'EDF sont actuellement à l'arrêt et d'autres fonctionnent à puissance réduite en raison de la canicule et d'une invasion de méduses. Ces "contraintes environnementales" ont porté l'indisponibilité du parc à un niveau record. sans toutefois menacer l'approvisionnement électrique. Huit réacteurs du parc nucléaire d'EDF étaient encore à l'arrêt ce jeudi 13 août en lien avec les fortes chaleurs qui font grimper la température des cours d'eau et avec l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), a indiqué EDF. Six réacteurs nucléaires sont à l'arrêt en raison des réglementations environnementales sur la température et le débit des cours d'eau destinées à protéger les écosystèmes aquatiques. Selon le point de mi-journée d'EDF, il s'agit des réacteurs Chooz 1 et 2, Cattenom 1, Golfech 2, Bugey 3 et celui de Saint-Alban 2, le dernier arrêté. En outre, deux réacteurs fonctionnent à puissance réduite : Tricastin 1 et 4, en raison de ces "contraintes environnementales" ou "causes externes liées à l'environnement", selon les termes d'EDF.
Dans ces "contraintes environnementales", EDF inclut également le phénomène de l'arrivée massive de méduses dans le système de pompage d'eau qui a contraint la centrale de Gravelines à arrêter ou réduire la puissance de 5 de ses 6 réacteurs lundi et mardi. Le réacteur n°2 a été depuis reconnecté au réseau, dans la nuit de mercredi à jeudi, tandis que les réacteurs n°1 et n°6 fonctionnent également, mais à puissance réduite, a indiqué EDF. Les réacteurs n°3 et n°4 sont à l'arrêt et doivent revenir sur le réseau dans les "prochains jours". L'unité n°5 est, elle, en arrêt programmé pour maintenance.
L'été 2026 a de nouveau mis en lumière la vulnérabilité de l'industrie nucléaire aux conséquences du réchauffement climatique, notamment sur la ressource en eau, si aucune adaptation n'est prévue. Les centrales ont besoin de grandes quantités d'eau, de rivière ou de mer, pour refroidir leurs installations.
Or en cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse de la température des cours d'eau peuvent contraindre un exploitant à réduire ou arrêter sa production pour respecter des limites environnementales. Il ne peut plus alors rejeter d'effluents chimiques ou radioactifs ni réchauffer davantage les rivières avec ses eaux de refroidissement rejetées plus chaudes.
Le parc nucléaire d'EDF a atteint mercredi un record d'indisponibilités , dites "environnementales", de 20,4%, sans conséquence toutefois pour l'alimentation électrique de la France. L'électricien prévoit d'investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations de production au réchauffement climatique, dont 4,3 milliards pour le nucléaire.
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