Guerre en Iran : pourquoi Donald Trump n'arrivera pas à faire plier la Chine
La crise s’est déroulée lors du premier mandat de Donald Trump , mais elle semble appartenir à un autre siècle.
Le 1 er décembre 2018, Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei et fille du fondateur du groupe, est arrêtée à Vancouver (Canada) sur ordre des Etats-Unis.
Nous sommes en pleine guerre commerciale entre Pékin et Washington.
Meng Wanzhou ne sera libérée que deux ans et dix mois plus tard, en même temps que deux Canadiens détenus par Pékin.
A l’époque, Washington avait accusé Huawei de ne pas avoir respecté les sanctions contre l’Iran, en vendant des équipements à ce pays, via l’une de ses filiales.
Près de huit ans plus tard, empêtré dans une interminable guerre contre Téhéran , Trump promet de faire subir à la République islamique "l'opération économique la plus écrasante jamais menée".
Et menace de conséquences "considérables" tout Etat qui offrirait à l’Iran une quelconque "bouée de sauvetage".
La Chine, qui achète l'essentiel du pétrole iranien par des moyens détournés, a déjà prévenu qu'elle s’opposait à toutes "sanctions unilatérales illégales".
Elle devrait être entendue.
A quelques semaines de la venue de Xi Jinping à Washington, le 24 septembre - sa première visite d'Etat depuis 2015 - le locataire de la Maison-Blanche, qui rêve de signer un grand deal commercial, devrait tout faire pour éviter de froisser son homologue chinois.
Rééquilibrage des rapports de force Cette prudence traduit un rééquilibrage du rapport de force.
Donald Trump n’a pas réussi à faire céder une Chine ayant rendu coup pour coup lors de la nouvelle guerre commerciale qu’il a déclenchée l’an dernier - le géant asiatique avait notamment menacé de bloquer ses exportations de terres rares, dont il détient le quasi-monopole de la production.
Craignant "la montée des tensions" agitée par Pékin et ses répercussions économiques, les Etats-Unis se sont pour l’instant contentés de sanctionner de petites raffineries chinoises, mais aucune grande entreprise ou entité bancaire de ce pays.
La Chine, qui n'a pas non plus intérêt à rompre la trêve, affichera-t-elle un geste de bonne volonté, en diminuant par exemple ses achats de brut iranien ? Une chose est certaine, elle ne voudra pas donner l’impression de se plier à un diktat américain.
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