Le dossier de la Syrie ravive la rivalité entre Israël et la Turquie
Le bombardement par Israël d’un aéroport militaire dans le nord-ouest de la Syrie, juste après la visite d'une délégation officielle turque, a provoqué une vive crispation entre les deux pays. Israël juge sa sécurité menacée et reproche à la Turquie de mener de "dangereuses aventures" dans le pays voisin.
Par : FRANCE 24 Le message a été délivré depuis le territoire syrien par le chef d'état-major israélien . "Nous surveillons l'évolution de la situation sur le front syrien. Nous ne laisserons pas des forces hostiles s'implanter à nos frontières et saurons utiliser nos capacités opérationnelles précisément, où et quand il le faudra", a déclaré, mercredi 19 août, le général Eyal Zamir, en déplacement dans un secteur du sud de la Syrie occupé par des troupes israéliennes.
Cette visite s’est produite au lendemain du bombardement par Israël de la base aérienne d'Abou Dhouhour, dans la province syrienne d'Idleb, dans le nord-ouest du pays. Selon le gouvernement israélien, la Syrie aurait violé un accord en acceptant dans cette base des troupes turques.
"Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace", a renchéri mercredi Benjamin Netanyahu dans un entretien diffusé par la radio de l'armée. D'après le Premier ministre israélien, "Israël avait mis en garde à plusieurs reprises la Syrie" contre un déploiement militaire turc, "qui constituerait une menace pour la sécurité d'Israël", mais Damas avait "choisi d'ignorer ces avertissements".
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a de son côté mis directement en cause jeudi les autorités turques, accusant le président Recep Tayyip Erdogan d'entraîner la Turquie dans de "dangereuses aventures en Syrie". Il lui a même conseillé, dans un message publié sur X, de changer de politique. "Il serait préférable qu'Erdogan continue de prononcer au Parlement turc des discours creux et délirants contre Israël plutôt que de tester la détermination d'Israël à se défendre."
Un responsable du ministère turc de la Défense a cependant assuré jeudi qu’"aucune délégation militaire turque ne se trouvait sur la base aérienne d'Abou Dhouhour avant ou pendant l'attaque menée par Israël contre cette base en Syrie".
"Les attaques contre l'aéroport militaire d'Abou Dhouhour visent à attenter à la stabilité, à la sécurité, à l'unité et à l'intégrité de la Syrie", a quant à lui dénoncé face à la presse le contre-amiral Zeki Akturk. "Dans ce contexte, nous poursuivrons résolument nos efforts pour protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie."
Ankara a soutenu le président syrien Ahmed al-Charaa , ancien jihadiste sunnite et chef de la coalition qui a chassé en décembre 2024 le président Bachar al-Assad , mettant fin à 13 ans de guerre civile.
Historiquement, les intérêts de la Turquie en Syrie ont toujours consisté à endiguer le séparatisme kurde , dont la région est à cheval sur les deux pays. Aujourd'hui, sa priorité est davantage de relancer l'économie syrienne, pour que les réfugiés présents sur son sol puissent s'y réinstaller.
L’État hébreu a, lui, lancé plusieurs centaines de frappes contre la Syrie depuis l’avènement du nouveau pouvoir.
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