On a fait nos courses au supermarché avec la patronne de Yuka : voici ses conseils pour mieux choisir ses produits
Dans un supermarché, l’emballage est parfois trompeur. Une mascotte attractive pour les enfants, une mention « sans conservateurs » qui n’exclut pas la présence d’autres additifs considérés comme problématiques par Yuka, des ingrédients qu’on ne trouve pas dans sa cuisine… Julie Chapon, cofondatrice de Yuka (l’application qui aide les utilisateurs à consommer plus sainement en décryptant les étiquettes) , met en garde contre les pièges de l’étiquetage alimentaire.
Armée de l’application à la carotte, Julie Chapon scanne les produits dans les supermarchés. Mais, avant même de sortir son téléphone, l’entrepreneure recommande de lire la liste d’ingrédients et de « s’assurer qu’elle est courte » .
Une méthode qui permet aussi de comparer les produits d’un même rayon. Devant des céréales au chocolat, Julie Chapon relève ainsi la présence de 22 g de sucre pour 100 g et de sirop de glucose. Le produit n’est pas pour autant qualifié de mauvais : « On n’a pas trop d’ingrédients hyper problématiques » , estime-t-elle. De plus, « le Nutri-Score nous donne une bonne indication » .
La lisibilité de la liste est aussi un bon indicateur. « Quand il y a des mots compliqués qui sont des ingrédients qu’on n’aurait pas dans sa cuisine, il faut se montrer attentif » , conseille-t-elle.
Deuxième réflexe : ne pas confondre une allégation avec une absence totale d’additifs. Sur un emballage de plat préparé, la mention « sans colorants, sans arômes, sans conservateurs » attire son attention. « En fait, il y en a, c’est juste que ce ne sont pas des colorants, des arômes, des conservateurs : c’est un stabilisant » , relève-t-elle.
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Même vigilance au rayon enfant. Les mascottes et personnages utilisés sur les emballages sont, selon elle, « une technique marketing un peu classique » pour attirer les plus jeunes. Elle estime que cette stratégie peut contribuer à habituer les enfants aux produits sucrés et évoque le phénomène du « Pester Power », lorsque l’enfant réclame avec insistance un produit jusqu’à ce que le parent cède.
Le message de la cofondatrice de Yuka n’est toutefois pas de supprimer tous les produits transformés. Elle constate au contraire une évolution de l’offre. Par exemple, un chili con carne affichant un Nutri-Score A contient une recette jugée plutôt simple. « Il y a dix ans, c’était difficile de trouver des plats préparés corrects. Aujourd’hui, il y en a beaucoup plus » , observe-t-elle. Elle attribue notamment cette évolution à des consommateurs plus attentifs à la composition des produits, poussant les industriels à reformuler certaines recettes.
Même principe pour les biscuits ou les pâtes à tartiner : plutôt que de bannir une catégorie entière, elle invite à comparer les compositions. Au rayon bonbons, elle montre une marque qui utilise désormais des concentrés de fruits et de plantes à la place de colorants artificiels. Une évolution positive même si « ça reste des bonbons. » Une précision d’autant plus importante que la note de Yuka ne tient pas compte de la quantité ou de la fréquence de consommation.
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