Jusqu'à 30 euros pour entrer à Venise au lieu de 5 ou 10 aujourd'hui: la ville n'arrive toujours pas à endiguer le surtourisme, elle veut faire payer beaucoup plus cher
Face au surtourisme, Venise envisage de porter jusqu'à 30 euros en 2027 sa taxe imposée aux visiteurs à la journée, contre 5 à 10 euros actuellement. Lancé en 2024, le dispositif pourrait ainsi voir son tarif maximal multiplié par six en seulement trois ans. Venise veut passer à la vitesse supérieure pour lutter contre le surtourisme. La ville italienne envisage d'augmenter fortement le prix de son désormais célèbre "billet d'entrée", qui pourrait atteindre jusqu'à 30 euros par jour en 2027, contre 5 à 10 euros actuellement . La période pendant laquelle les visiteurs doivent s'acquitter de cette contribution pourrait également être allongée.
Rien n'est encore définitivement arrêté, le montant et les modalités du dispositif pour 2027 doivent encore être discutés avec le gouvernement italien.
Une chose semble en revanche acquise pour les autorités vénitiennes: les tarifs actuels ne sont pas suffisamment élevés pour avoir un véritable effet dissuasif sur les touristes à la journée.
Lors de son lancement en 2024, une première mondiale pour une ville de cette ampleur, le système était pourtant beaucoup plus limité. Venise réclamait alors 5 euros aux visiteurs à la journée lors de seulement 29 journées particulièrement chargées entre avril et juillet.
Dès 2025, Venise a nettement musclé le dispositif. Le nombre de journées concernées est passé de 29 à 54 et la ville a instauré une tarification à deux niveaux: 5 euros pour les touristes réservant suffisamment à l'avance et 10 euros pour ceux décidant de leur visite dans les trois jours précédant leur arrivée.
Le dispositif a encore été étendu cette année. En 2026, le péage touristique s'est appliqué pendant 60 journées entre le 3 avril et le 26 juillet, toujours entre 8h30 et 16 heures. Les tarifs de 5 et 10 euros ont été conservés.
En trois ans, Venise est donc déjà passée de 29 à 60 journées payantes. Et si la piste évoquée pour 2027 est retenue, le tarif maximal aura été multiplié par six en seulement trois ans, passant de 5 euros en 2024 à 30 euros.
Car derrière les recettes générées par la ville avec cette taxe (entre 5 et 6 millions d'euros par an), l'objectif affiché par Venise est surtout de modifier le comportement des visiteurs. La ville ne cherche pas tant à empêcher les touristes de venir qu'à les inciter à éviter les journées où les ruelles, les ponts et les places de la cité sont déjà saturés.
Pour rappel, il ne s'agit d'ailleurs pas d'un "billet d'entrée" à proprement parler. Venise ne fait pas payer tous ceux qui franchissent les portes de la ville. Le dispositif vise avant tout les visiteurs qui viennent passer quelques heures dans la cité avant de repartir le soir. Les touristes qui dorment dans un hôtel ou un autre hébergement de la commune ne paient pas cette contribution d'accès, puisqu'ils sont déjà soumis à la taxe de séjour.
La ville de Venise tente depuis des années de lutter contre le surtourisme. La cité a perdu un tiers de ses habitants permanents en 30 ans et n'en compte plus que 48.000. Le nombre de lits touristiques dépasse désormais celui des résidents.
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