L’Iran l’a sorti du couloir de la mort pour le mettre au cœur du détroit d’Ormuz: qui est Babak Zanjani, ce milliardaire qui aide le régime à contourner les sanctions?
Les quinze dernières années ont été plutôt agitées pour Babak Zanjani. Dans une première vie, cet ancien vendeur de peaux de moutons est devenu l'un des hommes les plus riches d'Iran, en aidant les Gardiens de la Révolution à vendre leur pétrole en dépit des sanctions occidentales. Puis, l'enfant des quartiers populaires de Téhéran a été condamné à mort en 2016, pour avoir détourné l'équivalent de 2,5 milliards d'euros.
Babak Zanjani a ensuite passé onze longues années derrière les barreaux, jusqu'à sa libération soudaine fin 2024. Officiellement, sa peine a été commuée après le remboursement complet de ses dettes. Ce n'était toutefois pas la fin des ennuis pour le quinquagénaire. Le voilà désormais dans le viseur des États-Unis, qui l'accusent d'avoir repris du service.
"Dès 2025, il réapparaît publiquement comme un soutien aux projets économiques liés au régime. Parallèlement à des projets d'infrastructures et de transport de grande envergure, Zanjani a mis en place un réseau de sociétés d'actifs numériques, notamment pour blanchir de l'argent pour le compte des Gardiens de la révolution", insiste le Trésor dans une note plus récente . Washington multiplie désormais les sanctions contre Babak Zanjani.
Les autorités américaines voient notamment sa main derrière les "frais de péage" que l'Iran veut prélever dans le détroit d'Ormuz , le nœud brûlant d'un conflit dont les répercussions se font de plus en plus durement sentir dans les stations-service françaises.
Le 17 septembre dernier, le Trésor américain a ainsi annoncé sanctionner BitBank, une plateforme iranienne d’échange de cryptomonnaies liée à l’homme d’affaires, tout en donnant des détails sur le fonctionnement du système.
Officiellement, Téhéran n'a pas prélevé de "droit de passage" mais a proposé des assurances payantes aux navires souhaitant emprunter le détroit. Selon Washington, deux sociétés ont été créées pour cela, dont la "Hormuz Safe Marine Services Authority".
Les États-Unis estiment qu'Hormuz Safe est passée par BitBank pour transférer les paiements reçus vers le régime iranien en cryptomonnaies. Depuis le mois de juin, plusieurs centaines de millions de dollars en bitcoins ont transité par ce système, précise le Trésor.
Au total, une dizaine de sociétés liées au magnat iranien ont été sanctionnées par les États-Unis depuis le mois de janvier.
Deux d'entre elles étaient enregistrées au Royaume-Uni (Zedcex Exchange Limited et Zedxion Exchange Limited) et ont principalement servi à financer les Gardiens de la Révolution, selon une enquête de TRM Labs , une société spécialisée dans la recherche d'infractions financières sur la blockchain. Les mouvements suspects étaient antérieurs au début de la guerre.
D'après une enquête du Wall Street Journal , Babak Zanjani a également transféré 850 millions de dollars en deux ans vers les Gardiens de la Révolution via Binance, la principale plateforme d'échanges de cryptos. Binance réfute.
Babak Zanjani nie également les faits. "Les sanctions imposées par le Trésor américain aux plateformes d'échange de cryptomonnaies, aux institutions financières liées à l'Iran et aux bureaux de change ne sont qu'une pure invention de M.
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