ENTRETIEN. France Travail se transforme pour « renforcer l’accompagnement en agence », affirme son directeur général
Thibault Guilluy, le directeur de France Travail en est persuadé, « le travail touche à tous les domaines de la vie ». Ce qui nécessite de s’intéresser aussi au logement et à la santé. C’est en s’appuyant sur les bassins de vie en lien avec tous les acteurs concernés que la France pourra revenir dans la moyenne des autres pays européens affirme-t-il également. Après deux ans d’une transformation menée à marche forcée, non sans tensions parfois sur le terrain, il dévoile les premiers résultats. Souligne en particulier les progrès réalisés dans l’insertion des personnes les plus éloignées de l’emploi. Et refuse de « faire de la politique spectacle ». Une façon de répondre à ceux qui comme Sarah Knafo voudraient supprimer France Travail. Un plaidoyer en faveur du service public de l’emploi : chiffres à l’appui.
Lire aussi : Arrêts de travail plafonnés, prix du gaz, suspension de la réforme des retraites… Ce qui change au 1er septembre 2026
Pôle emploi n’a pas seulement changé de nom en devenant France Travail. Quelle transformation voulez-vous conduire ?
Désormais, la politique de l’emploi ne se pilote plus seulement depuis Paris. Nous avons créé 340 bassins de vie sur l’ensemble de la France métropolitaine et des territoires ultramarins. Dans chacun, il y a un comité d’action collective. On y retrouve l’élu local, un représentant de l’État mais aussi des entreprises. Prenons l’exemple de Kourou en Guyane. Un jeune sur trois n’est ni en emploi, ni en formation, ni au travail. Nous mettons en place une formation pour l’aider à maîtriser le français. Nous partons des besoins de la personne. Depuis le 1 er janvier 2025, l’inscription à France Travail a été étendue à de nouveaux publics, notamment aux bénéficiaires et demandeurs du RSA, aux jeunes accompagnés par les Missions locales et aux personnes accompagnées par Cap emploi. Notre défi, c’est de faire du sur-mesure à l’échelle des 7,8 millions de personnes inscrites à France Travail. L’objectif est désormais d’accompagner les Français tout au long de leur vie professionnelle et plus seulement quand ils perdent leur emploi.
Lire aussi : Territoires zéro chômeur de longue durée : 5 questions sur ce dispositif et son bilan
S’il a progressé, le taux d’emploi des seniors reste inférieur à celui de l’Allemagne. Pour quelles raisons ?
Le taux d’emploi des 55-64 ans est de 60 % contre 65 % en Europe. Il se trouve que nous avons une agence conjointe avec les Allemands en Alsace. Nous avons mis autour de la table des entreprises françaises et allemandes pour essayer de comprendre. Si vous avez plus de 50 ans en Allemagne et que vous envoyez des CV, vous recevrez tout de suite une réponse. Les entreprises allemandes favorisent l’expérience et la transmission. Ce n’est pas encore assez le cas en France. Nous intervenons auprès des employeurs pour les inciter à développer des pratiques différentes. Elles y ont intérêt. Il se trouve et ce n’est pas un hasard que les entreprises les plus performantes sont aussi les plus engagées auprès des jeunes et des seniors.
Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans en France est de 21,1 % contre 15,5 en moyenne au sein de l’UE.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.