La vente aux enchères chez Drouot finalement annulée : les faux billets du célèbre Bojarski donnés à la Banque de France
C’est un rebondissement tout à fait inattendu qui vient de se produire dans l’histoire des faux billets de Czesław Bojarski , récemment découverts dans un grenier de Touraine. Expertisés cet été par Oscar Gibelin, de la maison Millon ( lire dans l’ Édition du Soir d’Ouest-France, du 9 septembre ), ces billets rarissimes, réalisés par l’un des plus habiles faux-monnayeurs de l’Histoire, devaient passer en vente aux enchères ce vendredi après-midi, à partir de 14 h, à l’hôtel Drouot. Ce ne sera finalement pas le cas, pour une raison pour le moins singulière.
« La Banque de France nous a contactés pour pouvoir joindre le vendeur, explique l’expert Oscar Gibelin. Elle avait de bons arguments et a convaincu le vendeur de l’importance de préserver cet ensemble de faux billets qui risquait d’être disséminé et de le faire entrer dans les archives françaises . À l’issue du rendez-vous, le vendeur a décidé de lui céder sa collection à titre gracieux. »
L’ensemble de la collection, qui contenait sept faux billets de Bojarski et une centaine de faux billets du monde entier, rejoint ainsi le patrimoine français. Un très beau geste de la part du vendeur, qui renonce ainsi aux probables dizaines de milliers d’euros que cette vente aurait pu générer.
« On sentait un très vif intérêt pour cette vente, oui, aussi bien en France qu’à l’étranger, poursuit Oscar Gibelin. Mais, en tant que passeurs de trésors, nous nous réjouissons de cette décision. Ces documents sensationnels pourront profiter aux Français lors d’une probable exposition dans les années à venir. »
Né en 1912 en Pologne, Czesław Bojarski est un célèbre faussaire, ingénieur de formation qui s’est installé en France après la Seconde Guerre mondiale. Son histoire a été adaptée au cinéma dans L’Affaire Bojarski , sorti en 2025 avec Reda Kateb dans le rôle-titre.
Dans les années 1950-1960, il a fabriqué des faux billets de francs d’une qualité exceptionnelle, pratiquement indétectables. Il travaillait très discrètement, notamment depuis son pavillon de Montgeron, dans l’Essonne, en construisant lui-même une partie de son matériel. La Banque de France a longtemps pensé avoir affaire à une organisation très structurée, avant que l’enquête ne remonte jusqu’à lui. Il est finalement arrêté en 1964.
Sa réputation lui a valu le surnom de « Cézanne de la fausse monnaie ».
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