Coup de com’ ou vrai avantage sportif : que change la combinaison Nike portée par l’athlète Keely Hodgkinson sur 800 m ?
Une telle tenue ne passe pas inaperçue. Vendredi 18 septembre, sur la piste du StoneX Stadium de Londres, la Britannique Keely Hodgkinson s’est imposée sur le 800 m du Meeting d’Athlos, vêtue d’une combinaison à capuche futuriste conçue par Nike. Tout de noir vêtue façon « catwoman », la Britannique de 24 ans, championne olympique en titre et double championne d’Europe de la distance, s’est imposée en 1’56’’40, avec plusieurs longueurs d’avance sur la Suissesse Valentina Rosamilia (1’58’’75) et la Française Rénelle Lamote (2’0’’15), qui couraient avec des ensembles plus classiques. Alors, coup de pub ou vraie révolution technologique ?
Faite sur mesure pour l’athlète originaire de Wigan, cette tenue a été confectionnée à la main au « LeBron James Innovation Center », un immense laboratoire basé dans l’Oregon portant le nom de la star du basket . D’après les communiqués publiés sur le site de la marque à la virgule, cette « combinaison de vitesse zéro distraction » est « une véritable seconde peau conçue pour la vitesse » , réduisant la résistance à l’air tout en garantissant « une thermorégulation optimale » . Sans aucune fermeture, elle n’est pas complètement fermée pour autant, puisque de larges ouvertures laissent respirer le dos, les aisselles et même, plus surprenant, la queue-de-cheval, « afin de réduire la résistance de l’air rencontrée par l’athlète tout au long de sa course sur piste » .
No one has ever looked cooler winning an 800 🥶 ⏱️ 1:56.40 @keelyhodgkinson pic.twitter.com/3oyoCKbQQK
Mais la principale innovation, ce sont ses « générateurs de vortex » imprimés en 3D. Des triangles placés stratégiquement sur certaines zones du corps « permettant ainsi à Hodgkinson de courir encore plus vite » . « Ils fonctionnent en créant de mini-tornades qui forcent l’air circulant rapidement autour du corps à se mélanger et à adhérer à l’air plus lent emprisonné contre la peau, affirme la marque sans chiffres à l’appui. Cela réduit le sillage de basse pression qui se forme habituellement derrière le corps, diminuant ainsi la traînée subie par l’athlète et favorisant une vitesse accrue. »
Difficile à dire, puisque Keely Hodgkinson a revêtu cette combinaison pour la première fois en compétition et qu’elle se serait sûrement imposée sans, étant donné la faible concurrence. Son temps sur 800 m (1’56’’40) n’a rien d’extraordinaire pour une détentrice du record du monde en salle (1’54’’87 en février à Liévin) qui, six jours plus tôt à Budapest, a couru plus vite qu’à Londres sans combinaison de vitesse, se classant 2 e de l’Ultimate Championships en 1’56’’26 derrière sa grande rivale, la Suissesse Audrey Warro. Laquelle l’avait devancée aux « Europe », en juillet dernier sur ses terres à Birmingham, en 1’54’81 (1’55’’01 pour Hodkinson) se rapprochant du sulfureux plus vieux record de l’athlétisme réalisé par la Tchèque Jarmila Kratochvilova en 1983 (1’53’’28).
Le 800 m du Meeting d’Athlos - une compétition privée réservée aux femmes et tournée vers le divertissement - n’a donc pas démontré l’efficacité du costume.
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