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Des Iraniens racontent leur quotidien : inflation, répression, guerre

France Culture ·
Des Iraniens racontent leur quotidien : inflation, répression, guerre

En Iran, l’inflation galopante bouleverse le quotidien et nourrit la colère. Mais face à une répression féroce, beaucoup n’osent plus manifester. Entre peur, désillusion et défiance envers les puissances étrangères, des Iraniens racontent un pays à bout de souffle.

Ce sont des Iraniens opposés à la République islamique, dont les voix sont devenues si rares. Et les autorités iraniennes étudient un projet de loi qui menace de peines de prison les Iraniens qui parlent aux journalistes étrangers. Leurs témoignages sont devenus particulièrement difficiles à recueillir, pourtant certains ont tout de même accepté de répondre à nos questions, à condition que leurs noms soient changés et leurs voix modifiées à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle.

Entre crise économique, répression et guerre, ils racontent leur quotidien et leurs espoirs, de plus en plus fragiles.

Que pensent-ils de la guerre entre leur pays et les États-Unis ? Ont-ils encore l’espoir de voir le régime changer ? Comment vivent-ils au quotidien les sanctions et la crise économique ?

Depuis une ville de l'ouest de l'Iran, Amir, la quarantaine, nous envoie un message vocal malgré les risques encourus pour nous raconter l'inflation qui pèse lourdement sur son quotidien.

"À chaque nouvelle sanction, le dollar augmente automatiquement et les prix montent à leur tour. Les prix changent tous les jours, vous achetez quelque chose et le lendemain, le prix a déjà changé."

En Iran, critiquer ouvertement la situation économique et le pouvoir peut exposer à de lourdes représailles. Sur les réseaux sociaux, des Iraniens publient des vidéos de leurs courses. Ils montrent quelques œufs, des légumes ou des boîtes de conserve et indiquent combien ces produits leur ont coûté, parfois en prétendant ironiquement être "très heureux" .

Ils peuvent être accusés d'être des traîtres, des agents du Mossad, et risquent l'exécution.

Shadi a quitté l'Iran il y a un mois et ne pense pas y retourner, en partie en raison de la situation économique :

"Les gens sont à nouveau au bord du soulèvement, mais la répression s'intensifie elle aussi. Et cela ne fait que creuser davantage le fossé entre le gouvernement et la population. Je suis sûre qu'à un moment donné, ces manifestations vont reprendre."

La contestation peut avoir des conséquences dramatiques : les opposants au régime risquent d’être accusés de trahison ou d’espionnage au profit d’Israël et s’exposent à de lourdes peines, pouvant aller jusqu’à la peine de mort.

Comme en janvier dernier, lorsque la crise a poussé les Iraniens dans la rue. Shadi, elle, n'a pas rejoint les cortèges.

"Ma plus grande peur, c’était d’être arrêtée. Je n’osais rien faire. Je me souviens du lendemain des manifestations. Dehors, je pouvais sentir l’odeur des incendies et il y avait du sang dans les rues."

À Téhéran, Reza, 26 ans, ne croit plus qu’un nouveau soulèvement puisse faire tomber le pouvoir.

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