La Somalie, théâtre d'une nouvelle crise humanitaire en raison de la sécheresse
C’est l’une des pires crises de malnutrition au monde, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). En Somalie, 6 millions de personnes sont actuellement confrontées à une faim aiguë, soit environ un tiers de la population de ce pays de la Corne de l’Afrique. Près de 2 millions sont en situation de faim aiguë à un niveau d’urgence. Une crise provoquée par des chocs climatiques répétés et une insécurité persistante. Le pays fait également les frais de la baisse mondiale des financements pour l’aide humanitaire.
« Ce ne sont pas des chiffres abstraits : ce sont des familles qui épuisent toutes les options qui leur restent pour survivre », interpelle le Programme alimentaire mondial. Près de deux millions d’enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë cette année en Somalie . Plus de 200 000 personnes ont déjà été déplacées au deuxième trimestre 2026.
Le pays est frappé par une grave sécheresse. Des pluies insuffisantes sur plusieurs saisons ont entraîné un manque d’eau, des pertes de récoltes et de bétail. À cela s’ajoute la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires, aggravée par le conflit au Moyen-Orient. Tout cela, alors que le pays reste confronté à l’insurrection des islamistes shebabs et à des affrontements armés localisés.
Médecins sans frontières alerte sur la situation dans les camps de déplacés de Baidoa, dans le sud-ouest du pays où l’ONG est présente. D’après MSF, un enfant sur deux dans ces camps souffre de malnutrition aiguë, un sur quatre de malnutrition aiguë sévère et un tiers des familles ne survivent qu’avec un seul repas par jour. L’ONG s’inquiète, elle aussi, d’un manque de financements pour répondre à la crise.
Mitchell Sangma est conseiller en charge de la santé chez Médecins sans Frontières. Il décrit une « faim généralisée » et des nouvelles arrivés de déplacés chaque semaine dans les camps de Baidoa. « Dans notre programme de nutrition, nous avons déjà admis plus de 80% du nombre de patients que nous avions accueilli l'année dernière. Et ce ne sont pas seulement les chiffres qui sont préoccupants, mais aussi la gravité de ces cas. Il s'agit d'enfants très malades, souffrant de nombreuses complications médicales. Ils arrivent à un stade très avancé après avoir subi la faim pendant de nombreux mois, et on voit désormais les conséquences de l'extrême pénurie alimentaire ».
« Beaucoup souffrent de maladies épidémiques , poursuit Mitchell Sangma, comme la rougeole ou la diphtérie, ce qui est très préoccupant. Nous recevons ces enfants, nous les soignons dans nos hôpitaux, nous les autorisons à sortir, mais ils finissent par être réadmis parce qu'ils retournent dans le même environnement où ils n'ont accès ni à la nourriture en quantité suffisante, ni à de l'eau potable. Et cela est très visible lorsqu'on se promène dans les camps tôt le matin. On voit de longues files de personnes avec des jerricanes attendant pour recevoir de l'eau. De longues files de patients devant les cliniques mobiles, attendant que les enfants soient pris en charge.
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