Le prix des carburants est nettement plus bas en Espagne, voici comment l’expliquer
Le contraste est flagrant et les frontaliers ne se privent pas. La crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient frappe l’ensemble de l’Europe… mais tous les gouvernements ne font pas face de la même façon. Si la France se distingue comme le cinquième pays où les tarifs à la pompe sont les plus élevés , selon un décompte de BFMTV , le voisin espagnol s’en sort bien mieux. Le plein y est le deuxième moins cher du continent, la première place revenant à l’île de Malte.
D’après le dernier bulletin européen sur les prix du pétrole , publié le jeudi 17 septembre et rapportant les moyennes nationales à la pompe enregistrées trois jours plus tôt, le SP95 se vendait 2,17 euros le litre en France contre 1,87 en Espagne, un écart de 30 centimes qui revient à 15 euros pour un plein de 50 litres. La différence était encore plus grande pour le gazole, vendu 2,29 euros le litre dans l’Hexagone contre 1,83 euro de l’autre côté des Pyrénées, soit un écart de 46 centimes qui, pour un plein, revient à 23 euros.
Les Français habitant à proximité de la frontière ne s’y trompent pas et sont nombreux à se rendre dans les stations-service espagnoles, comme l’ont rapporté plusieurs médias dont ICI Pays basque , qui a croisé un automobiliste avec 80 litres de carburant dans son coffre. Mais comment expliquer l’important écart de prix de part et d’autre des Pyrénées ? Le HuffPost fait le point.
La différence majeure entre France et Espagne se situe dans la réponse politique à la crise énergétique. Au printemps dernier, quand débutait la flambée des prix à la pompe dans le sillage des bombardements israélo-américains en Iran, l’Espagne avait fait parler d’elle avec une batterie de mesures pour limiter la hausse. Annoncé par Pedro Sanchez, le dispositif était estimé à 5 milliards d’euros et comprenait un geste phare rejeté par Sébastien Lecornu : la baisse de la TVA sur les carburants de 21 % à 10 %.
Très commenté et récemment évoqué par plusieurs médias français, ce dispositif n’est cependant plus en vigueur depuis le 1er juillet, comme l’avait rapporté à l’époque la radio-télévision publique espagnole (RTVE) . Madrid a en revanche maintenu d’autres mesures pour limiter la flambée à la pompe, notamment une « réduction du taux d’imposition » des hydrocarbures, détaillée dans un décret fin juin .
Ces baisses de taxes devaient se ressentir à hauteur de 15 centimes par litre en juillet, de 10 centimes en août puis de 5 centimes en septembre et retomber à zéro au 1er octobre. Cette progressivité avait été prévue à un moment où l’exécutif espagnol espérait une sortie de crise au Moyen-Orient, laquelle semble à ce stade peu probable .
Dans son décret fin juin, Madrid prévoyait aussi une rediminution des taxes si la hausse mensuelle du prix des carburants dépassait les 15 % par rapport à l’année passée. C’est finalement ce qui s’est produit en septembre, rapportait El País mardi dernier.
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