Paris. Des scènes de décapitation : jugé dès ce lundi, un djihadiste français encourt la perpétuité
La cour d’assises spéciale de Paris va juger dès ce lundi le djihadiste Othman Garrido pour assassinat et meurtres dans l'ancien califat de l'État islamique en Syrie et en Irak.
Il serait l’homme posant devant un cadavre décapité, sur une photo retrouvée dans un portable. La cour d’assises spéciale de Paris va juger à partir de ce lundi le djihadiste français Othman Garrido pour assassinat et meurtres dans l'ancien califat de l'État islamique (EI) en Syrie et en Irak. Le dossier va raviver le souvenir des années de terreur imposée par Daech dans la décennie 2010 sur de vastes pans de territoires en Syrie et en Irak , où Garrido a vécu huit ans, avant d'être arrêté et expulsé par la Turquie vers la France en 2020.
Aujourd'hui âgé de 32 ans, le Montpelliérain, jugé pour un assassinat et deux meurtres en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, encourt la perpétuité. Il va devoir s'expliquer sur des photos retrouvées dans le téléphone qui aurait appartenu à son épouse. Ce sont les principales pièces de l'accusation, transmises sur un disque dur aux enquêteurs français par les Américains, qui dirigeaient la coalition internationale ayant défait l'EI en 2019. L'une d'entre elles montre un homme au visage partiellement masqué par un foulard posant devant un cadavre décapité, la tête du supplicié à ses pieds. L'homme lève un index au ciel (signe d'allégeance à l'EI), présente du sang sur les mains, et peut donc être considéré comme l'auteur de l'assassinat, selon l'enquête.
Othman Garrido a admis une ressemblance mais a toujours démenti être le bourreau présumé de la photo. La photo n'est ni datée ni géolocalisée, l'identité de la victime reste inconnue, et les experts ne sont pas parvenus à formellement identifier l'homme masqué. « Il ne faut pas faire dire à une photo plus que ce qu'elle dit », insiste l'avocat de Garrido, Me Antoine Ory. « Même à supposer que ce soit lui sur la photo, ça ne permet pas de dire qu'il est l'assassin », souligne-t-il.
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